Venise est lagune – Roberto Ferrucci

Venise est lagune – Roberto Ferrucci

Venise est lagune – Roberto FerrucciEntre récit et enquête, Roberto Ferrucci nous dresse le portrait d’une lagune défigurée par des monstres flottants.

La quatrième de couv :

« Partons, dit Terese, en tournant le dos au énième monstre en transit, essayant d’effacer de la seule manière possible l’horreur de ces passages: en leur tournant le dos, les effacer si ce n’est du paysage, au moins de notre champ de vision, faire semblant qu’ils n’existent pas. »a

Mon avis :

Quand on n’a jamais été à Venise, on imagine la carte postale: les gondoles (et la musique qui va avec…), les canaux, la place Saint-Marc, le palais des Doges… Ces images qui donnent une idée très romantique de la ville, un endroit où il fait bon se balader, avec des paysages magnifiques à découvrir… Malheureusement, la réalité semble être tout autre.

«Il nous arrive souvent, lorsque nous nous promenons, d’être surpris par les monstres qui impriment à cette heure-là leur ombre noire sur le paysage. Ils l’effacent, le paysage.» Ces monstres se sont les paquebots de croisière. Ceux qui vous déposent l’espace de quelques heures dans les villes sur leur itinéraire, pendant qu’à bord, se côtoient les salles de jeu, les centres de bien-être ou commerciaux, ce condensé de mini-ville destiné à dépenser toujours tant et plus. Ces monstres qui tous les jours ou presque entrent dans la lagune, au mépris du bon sens, des infrastructures disponibles ou même de l’écosystème mis à mal. Sans parler des problèmes de sécurité…

Entre récit et enquête, Roberto Ferrucci nous emmène aux deux bouts de la chaîne: de Saint-Nazaire – là où ces bateaux sont construits, où ils créent énormément d’emplois et sont donc vus comme un bienfait -, jusqu’à Venise, où l’auteur vit et subit la vue de ces monstres, en passant par la visite du bateau, découvrant «ces jeunes Indiens ou Pakistanais, Arabes ou Africains, relégués en bas, cachés, invisibles aux passagers qui ignoreront à jamais leur existence, pendant leur croisière low-cost-mais-pas-trop». Avec bien sûr, en toile de fond, la politique et la cupidité en première ligne !

Détails :

Auteur : Roberto Ferrucci
Éditeur : La contre allée
Date de parution : 06/2016

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