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Petits arrangements avec nos cœurs – Camille de Peretti

Petits arrangements avec nos cœurs – Camille de Peretti

Petits arrangements avec nos cœurs – Camille de PerettiSi au départ j’ai été touchée par le style et par ces deux ados qui se cherchent, très vite pourtant je suis restée au bord du chemin.

La quatrième de couv :

À vingt-cinq ans, devenue écrivain, Camille décide de retrouver son premier amour, dont elle a fait l’un des personnages de ses romans. D’abord méfiant, celui qui est désormais le plus jeune manager de la cinquième banque de Wall Street finit par succomber. Amoureux fous, Camille et Stanislas s’installent à Londres, au coeur de la City, fréquentent les endroits branchés, dépensent sans compter… puis s’ennuient. Comme un dernier sursaut, ils entreprennent une traversée des États-Unis. Six mille kilomètres de culpabilité, de mensonges, d’alcool et de vanités. Chaque étape du voyage les éloigne davantage ; plus ils approchent du but, plus ils se perdent. Et pourtant, ils se sont tant aimés.

Mon avis :

Elle avait 16 ans lorsqu’elle l’a rencontré et lui à peine plus. Elle était encore vierge à cette époque, un peu honteusement. Mais le garçon qui l’intéresse ne la remarque même pas. Alors que Stanislas est fou d’amour pour elle. Il n’en faudra pas plus pour qu’elle le laisse lui faire la cours. Mais pas beaucoup plus, non. Elle ne l’aime pas. Enfin ne pense pas l’aimer. Alors elle joue avec lui, comme peuvent le faire les ados, car Stanislas lui procure un « sentiment de toute-puissance qui emplit la poitrine et donne la sensation d’étouffer, celui de se savoir aimé». On n’est pas bien sérieux à 16 ans à peine…

Après ses études, Camille se marie trop vite avec un homme qui, très rapidement, la rend malheureuse. La solution est simple: elle va divorcer, vite! Mais avant tout elle doit trouver un autre homme. « Pareille au chimpanzé qui feint de s’élancer, je ne lâchais une branche que pour en attraper une autre.» Et cette autre « branche» doit être riche, afin de lui permettre d’écrire sans s’embarrasser de questions matérielles… La cible est toute trouvée: Stanislas, devenu tracer en vogue à Londres. Commence alors un jeu du chat et de la souris entre les deux anciens ados: entre méfiance, amour, trahison, culpabilité et colère, que restera-t-il de cette histoire ?

Si au départ j’ai été touchée par le style, par ces deux ados qui se cherchent et par ce couple qui tente de se reformer quelques années plus tard, très vite pourtant je suis restée au bord du chemin. J’ai ressenti un décalage énorme entre l’image de femme fragile et parfaite qui semble être renvoyée au premier abord et cette femme cynique, plus intéressée par l’argent et les hommes qui ont « les dents qui rayent le parquet». La vision donnée du couple n’a pas réussi non plus à me toucher. Ce couple de l’homme qui brasse des millions et de le femme qui attend en décorant l’appartement (et en écrivant, ok, elle écrit quand même un peu…), le tout ponctué de mots sucrés, a le don de me faire grincer des dents… Et finalement, le genre de l’autofiction me met mal à l’aise. Il y a cette frontière floue entre l’auteur et le personnage principal, Camille de Peretti également, qui me dérange, me plaçant d’emblée comme voyeur d’une histoire dont la frontière est floue…

 

Merci en tout cas aux éditions Stock et à Camille de Peretti pour m’avoir fait parvenir ce livre!

Détails :

Auteur : Camille de Peretti
Editeur : Stock
Date de parution : 30/04/2014
234 pages

Le liseur du 06h27 – Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 06h27 – Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 06h27 - Jean-Paul DidierlaurentParfois je me laisse avoir par une bonne com’. C’est rare, mais ça arrive. Mais, comme souvent dans ce cas-là, je finis par être déçue!

La quatrième de couv :

Guylain Vignolles est préposé au pilon et mène une existence maussade et solitaire, rythmée par ses allers-retours quotidiens à l’usine. Chaque matin en allant travailler, comme pour se laver des livres broyés, il lit à voix haute dans le RER de 6H27 les quelques feuillets qu’il a sauvé la veille des dents de fer de la Zerstor 500, le mastodonte mécanique dont il est le servant.
Un jour, Guylain découvre les textes d’une mystérieuse inconnue qui vont changer le cours de sa vie…

Mon avis :

Parfois je me laisse avoir par une bonne com’. C’est rare, mais ça arrive. Alors quand on me dit que Au diable Vauvert sort le futur best seller de l’été, je me laisse tenter… Mais, comme souvent dans ce cas-là, je finis par être déçue!

Pourtant, ça commençait bien. L’histoire de cet homme qui lit chaque jour dans sa rame de métro des pages arrachées au monstre qui dévore les livres a de quoi séduire (Surtout quand on passe sa vie dans #monTer)… Parce que cet homme, Guylain Vignolles, est en charge de l’énorme machine qui broie tous les livres envoyés au pilon. Et, un peu comme nous, ça lui fait mal au coeur ces livres détruits. Alors, chaque soir, au moment de nettoyer la machine, il récupère les pages qui n’ont pas été avalées. Pour les lire le lendemain matin dans le RER de 6h27. Bien sûr que cette partie du livre m’a beaucoup plu !

Un peu comme celle sur le portier, son collègue, qui ne s’exprime qu’en alexandrins, amenant beaucoup de poésie dans ce monde fait de machine. Un exemple ?

Roulez brave cocher, menez-nous à bon port.
De votre main experte, conduisez ce carrosse.
Soyez vif et alerte, évitez trous et bosses
Mais de grâce avancez, il en va de notre or.

Et puis il y a son ancien collègue, Giuseppe, cul-de-jatte depuis que sa jambe a été happée par la machine… Et qui cherche aujourd’hui à la retrouver cette jambe… D’une manière plutôt insolite d’ailleurs, mais touchante pourtant.

Alors pourquoi je n’ai pas été emballée jusqu’au bout ? Peut-être parce qu’il y a trop d’histoires dans l’histoire: Guylain et sa machine, Guylain et ses lectures, le portier et ses alexandrins, Giuseppe et la recherche de sa jambe… Tout cela aurait été suffisant selon moi. Mais vient s’ajouter à cela une quête, celle de l’amour, qui se matérialise par cette clé USB retrouvée dans le RER. Cette recherche de la propriétaire, la découverte de sa vie, à travers les écrits enregistrés sur la clé, tout cela venait ajouter une couche presque superficielle à cette histoire qui était jusque là touchante. Et ce n’est pas le final, en forme de happy ending à la manière des contes de fées qui aurait pu me faire changer d’avis…

Extrait :

Un extrait a été publié dans L’extrait du mardi.

Détails :

Auteur : Jean-Paul Didierlaurent
Editeur : Au diable vauvert
Date de parution : 05/05/2014
218 pages

Livres lus et non chroniqués – E-Fractions Éditions #2

Livres lus et non chroniqués – E-Fractions Éditions #2

La collection Hors Format des éditions e-fractions rassemble des nouvelles, souvent très courtes. Voici une chronique 3-en-1 pour en découvrir un peu plus. Merci à Franck-Olivier Laferrère pour les cartes e-book !

Jonas - Olivier MartinelliJonas – Olivier Martinell

Ses parents ont été marqué par cette histoire de baleine et du coup l’ont appelé Jonas. Mais s’appeler Jonas quand on est fan de rock pur et dur ce n’est déjà pas facile. Mais quand on veut en plus séduire une fille, ça peut devenir un vrai problème.

Cette histoire va t’emmener, le temps d’une soirée, dans les backstage d’une tournée de concert. En quelques pages, elle va te ramener dans cette difficile période de l’adolescence, ou même les gros durs sont à fleur de peau. Ou l’attente d’une sortie de concert peut changer d’un coup le cours de ta vie. Et, qui sait, te permettre, peut-être, de séduire cette jolie jeune fille…

 

La solitude du baiseur de fond suivi de La bataille de Koursk - Sébastien DoubinskyLa solitude du baiseur de fond suivi de La bataille de Koursk – Sébastien Doubinsky

Ce n’est pas très long comme récit. Quelques pages pour te dresser, par petites touches, un monde d’hommes. Entre homosexualité, prostitution masculine et films pornographiques, on suit un couple, en proie aux mêmes questions que n’importe quel couple. Loin du voyeurisme qu’on pourrait attendre de ce milieu, c’est de la tendresse qui se dégage de ces quelques pages.

Mais dans l’ensemble, cela a été beaucoup trop court que j’arrive à rentrer dans cet univers.

 

Dépucelage - Virginie Lou-NonyDépucelage – Virginie Lou-Nony

Elle est venu là en vacances pour oublier. Couper le lien trop contraignant avec sa famille. Et puis, au bout de quelques jours, Lui. Dès le départ, ils se sont reconnus, leurs pas, comme dans les contes de fées, allant de concert, l’un terminant les phrases de l’autre. Les yeux brillants, prête à quitter un lien pour un autre, elle plonge dans cette histoire comme une désespérée.

Et puis, les premiers grains de sable dans cette histoire: pourquoi ne répond-t-il pas au téléphone? Qui est cette femme assise dans ce restaurant avec lui? Pourquoi lui parle-t-il sur ce ton condescendant d’un coup? Se voilant la face, prête à tout pour ne pas perdre encore ses illusions…

Le style est précis, sans pathos. L’histoire est banale, mille fois écrite déjà, mais sonne juste sous cette plume. Une belle découverte.

Rien – Emmanuel Venet

Rien – Emmanuel Venet

Rien – Emmanuel VenetAbreuvée de données, de texte sans respiration, j’ai terminé ce texte avec soulagement.

La quatrième de couv :

Il y a vingt ans jour pour jour qu’ils forment un couple.
Vingt ans que leur lien résiste à ce qui érode, sépare et altère les amants du premier soir.
Pour célébrer l’anniversaire de cette énigme, ils ont choisi le Negresco, haut lieu de leur imaginaire intime.
Là, derrière les volets entre-clos d’une chambre autrement plus cossue que celle de leurs commencements, ils viennent de faire l’amour ; et maintenant, sous un rai de soleil où dansent des poussières, chacun s’abandonne à sa rêverie.
Autant dire à la nostalgie, au réveil d’émois secrets, à la révision de son histoire et aux pensées inavouables – ce noyau d’infidélité contre et par lequel ils ont scellé, vingt ans plus tôt, un pacte amoureux dont il vaut mieux ne savoir rien.

Mon avis :

« A quoi penses-tu? » lui demande, en ouverture, celle avec qui il partage sa vie depuis 20 ans. Dans cette chambre du Negresco où il l’a amenée pour fêter cela, cette simple question va emmener le narrateur dans une réflexion sur l’amour, la vie et son mariage, à travers les frasques de Jean-Germain Gaucher, musicien de seconde zone, dont il étudie les œuvres depuis des années.

De Jean-Germain Gaucher, on connaîtra tout ou presque: les années dans un cabaret à composer les musiques des numéros, les espoirs de reconnaissance de ses pairs, les filles de joie, les déchéances, le mariage, ses déboires qui l’amèneront au bord du suicide… Comme pour mieux masquer le reste, le narrateur nous abreuve de détails et d’anecdotes, sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. C’est dense, fouillé, on pourrait presque croire qu’il existe ce compositeur sans grand talent !

Le problème c’est qu’au final je me suis sentie noyée par tous ces détails. Abreuvée de données, de texte sans respiration, j’ai terminé ce texte avec soulagement. Reconnaissant tout de même la belle prouesse de faire tenir tout un livre sur une phrase d’ouverture (« A quoi penses-tu?« ) dont la réponse n’est apportée qu’à la toute dernière ligne: « A rien… »

Détails :

Auteur : Emmanuel Venet
Editeur : Verdier
Date de parution :  Août 2013
128 pages

Hirondelle ou martinet ? de Serge Cazenave-Sarkis

Hirondelle ou martinet ? de Serge Cazenave-Sarkis

Hirondelle ou martinet ? de Serge Cazenave-SarkisLes apparences sont souvent trompeuses. Même quand il s’agit d’une petite vieille...

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Proposé par les éditions de l’Abat-jour pour découverte.

La quatrième de couv :

« Hirondelle ou martinet ? » : la question peut sembler triviale, mais elle cache une trahison aux conséquences tragiques. Telle est l’ambiguïté des nouvelles de Serge Cazenave-Sarkis, rassemblées dans ce recueil où l’on croisera, entre autres, une centenaire misanthrope, un homme dont le besoin de chaleur confine à la folie, des enfants livrés à eux-mêmes, un artiste prêt à tout pour insuffler la vie dans ses toiles, un colérique incontrôlable, un assassin fasciné par la formule du chaos ainsi qu’un couple invité à dîner en compagnie d’une guenon.

Précis de l’indicible et de l’inexorable, ce recueil où l’humour noir règne en maître est servi par une écriture précise et enlevée. Avec un sens du détail rare, Serge Cazenave-Sarkis nous narre d’improbables histoires de vengeance, de crimes irrésolus et de secrets inavoués, autour des liens que l’on tisse puis que l’on déchire. Ses personnages pris au piège de leur propre conscience évoquent la grandeur et la mesquinerie des petites gens, obsédés par la même mélodie entêtante, ritournelle burlesque derrière laquelle le drame n’est jamais bien loin.

Il y a autant de noirceur que de tendresse dans ces dix-sept nouvelles grinçantes, résumées par une simple question, absurde et cruciale à la fois : « Hirondelle ou martinet ? »

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