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Livre en fuite – Les saumons se perdent aussi

Livre en fuite – Les saumons se perdent aussi

Malgré un bémol très personnel, ce livre reste quand même agréable à lire et les personnages sont attachants. Alors ? Vous voulez savoir pourquoi les saumons se perdent aussi ? Il ne reste qu’à vous inscrire dans les commentaires.

Voici un résumé des règles et au cas où, vous les retrouverez en entier ici :

  • avoir déjà commenté (même un tout petit peu) sur ce blog
  • me laisser ici même un commentaire pour me dire que vous le voulez
  • tirage au sort samedi matin vers 10h

Et ensuite le livre appartient à la gagnante ou au gagnant !

Bonne journée et à samedi pour le résultat !

Edit samedi: Même méthode que la dernière fois: Research Randomizer, qui choisi au hasard le ou la gagnante.

C’est donc le commentaire n°1 qui gagne et c’est donc Julien. Je te dépose le livre à la poste aujourd’hui même ! Bon samedi à tous et à toutes !

Les saumons se perdent aussi – Lionel Robin

Les saumons se perdent aussi – Lionel Robin

Un bon récit, avec un sujet intéressant, l’écologie et ceux qui se battent pour défendre la nature. Un bémol final, mais qui reste très personnel.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Proposé en partenariat chez BoB, j’ai été séduite par la 4e de couverture et l’envie de découvrir une nouvelle maison d’édition. Retrouver les avis des autres participants : Calypso, Dolphyone, Skritt et Yv. Merci pour le partenariat !

La quatrième de couv :

Un roman ancré dans les préoccupations écologiques qui agitent notre société.

Pyc et Nikk sont deux frères. Coincés entre un père tyrannique et une mère neurasthénique, ils jouent aux indiens. Pas aux cow-boys. Juste aux indiens qui luttent pour vivre. Les deux garçons s’inventent ce monde-là, celui des Géronimo et autres Sitting Bull.

Ils grandissent parce que c’est ce qui arrive aux enfants. Mais ils continuent de jouer aux indiens. Ils poursuivent la lutte contre les cow-boy qui massacrent la planète, la terre-mère des indiens. Mais à l’âge adulte, ces jeux-là ne font plus rire personne. Ils deviennent ainsi des terroristes aux yeux des autorités, des guerriers à leurs propres yeux. Et même une petite fille devenue trop tôt une jeune femme abandonnée ne pourra changer le cours de leur destin.

Mon avis :

Pyc et Nikk sont frères. Depuis toujours, ils veillent l’un sur l’autre. Enfin, c’est surtout Nikk qui veille sur son frère, car celui-ci est un peu différent, un peu dans son monde. Il faut dire aussi qu’ils ont grandi dans une famille peu équilibrée : une mère tout le temps déprimée, incapable de les protéger de leur père ; un père violent dans les gestes et dans les mots, incapable de leur montrer un tant soit peu d’amour. Alors pour s’évader de cette ambiance, très tôt c’est la nature qui a été leur terrain de jeu favori. Ils ont appris à chasser, à pêcher, à se sentir protégé au milieu des bois. C’est donc tout naturellement qu’ils la protègent aussi.

Mais bien sûr, arrivé à l’âge adulte, dynamiter une installation polluante n’est pas perçu comme une protection de la nature, mais comme un attentat par toutes les autorités compétentes. Une course-poursuite va s’engager entre les policiers, désespérés de ne pas trouver de pistes, et les deux frères, bientôt rejoints par une autre adepte de la nature, blessée elle aussi par la vie.

L’auteur progresse par des aller-retour entre le présent et le passé de Pyc et Nikk, le tout entrecoupé de coupures de journaux relatant les exploits, toujours non-signés, des deux compères. Loin de nous perdre, le tout reste fluide à la lecture, apportant petit à petit des éléments expliquant leur engagement pour la nature. Et démontrant au fur et à mesure la bêtise de l’homme, les autorités qui valident les affirmations erronées de grands groupes, sous couvert d’emplois à sauver, de rentabilité à maintenir…

Seul bémol qui m’aura fait rire au début, puis énervé de plus en plus au fil de ma lecture, c’est les interventions de l’auteur. Alors, oui, je vais prendre le rôle du lecteur-ronchon, décrit par l’auteur lui-même, mais qu’un auteur parle au lecteur directement ne me gêne pas plus que ça lorsque cela apporte quelque chose au livre. Or, là, ça m’a coupé à chaque fois dans le fil de la narration. Et je n’ai pas vraiment compris l’intérêt de s’adresser à la lectrice-bibliothécaire, à l’étudiant à lunettes ou même au lecteur-ronchon. Comme le dit l’auteur lui-même : « l’auteur est assez d’accord avec vous : ce serait dommage de lâcher maintenant. Surtout en plein suspense, à la limite du soutenable, digne des meilleures séries télé américaines, au moment de la coupure pub où, alors que le héros va peut-être mourir, on vous vante un shampooing qui rend les cheveux tellement beaux qu’on se demande à quoi on ressemblait avant, où le soda trucmuche est si désaltérant qu’une seule bouteille pourrait résoudre les problèmes de sécheresse au Burkina-Faso, où on nous prend tellement pour des cons qu’on se demande si on ne l’est pas… Rien de tel avec votre auteur, il n’a plus rien de particulier à vous vendre, il n’a pas la chance d’être sponsorisé par un grand bijoutier ou une marque de lessive. Non, l’interruption, c’est juste pour vous embêter. Parfois, l’auteur se demande s’il n’est pas un peu vicieux. » Peut-être un peu trop vicieux pour moi, l’auteur…

Extraits :

Les hommes sont en guerre permanente. Contre leurs voisins, contre eux-mêmes, contre ceux qu’ils aiment, contre la nature qui les effraie de tant de capacités de création. En guerre. Leur vie se résume à ces deux mots. L’humanité se résume à ces deux mots ridicules, à ce mal implacable. Cette guerre, finalement il n’y en a qu’une, les détruit autant qu’elle détruit leur environnement. Jamais un animal ne va aussi loin dans la déraison. Même si le spectacle nous horrifie, un lion mâle dévorant ses petits ne veille qu’à préserver l’espèce parce que la démographie léonine atteint un seuil que le territoire ne peut absorber. […] L’homme ne régule pas : il accapare les richesses, se persuade qu’il y aura toujours une solution pour poursuivre dans cette voie suicidaire.

Détails :

Auteur : Lionel Robin
Editeur : Editions du Pierregord
Date de parution : 2009
204 pages

Des garçons épatants – Michael Chabon

Des garçons épatants – Michael Chabon

Emballée sur le début, j’ai finalement eu du mal à tenir jusqu’au bout de ce roman. Une belle promesse non tenue.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Proposé par Blog-O-Book il y a quelques temps, j’ai choisi ce livre pour le côté cynique que semblait dégager la 4e de couverture et aussi pour l’histoire qui se passait dans le milieu de la littérature. Merci à BoB et aux éditions Robert Laffont pour le partenariat. Vous pourrez retrouver les avis des autres participants sur le site de BoB.

La quatrième de couv :

Trois paumés magnifiques sont les héros de cette histoire mise en scène avec maestria par l’auteur des Aventures de Kavalier & Clay et du Club des policiers yiddish. Grady Tripp, prof de lettres en mal d’inspiration, doit remettre un manuscrit à son éditeur lors d’un festival de littérature au moment même où sa femme – troisième en titre – le quitte et où sa maîtresse lui annonce qu’elle est enceinte. Son éditeur Teddy Crabtree n’en a que faire. Abonné aux sensations fortes, il est seulement avide de récupérer le livre. James Leer enfin, fervent disciple de Tripp et petit génie incompris qui cultive une attirance morbide pour les suicides de stars, doit être empêché d’en commettre un à son tour ! Ce petit monde va s’agiter avec une belle énergie pour le plaisir du lecteur parfois incrédule mais enthousiaste jusqu’au coup de gong final. Parvenir à marier les ressorts de la comédie la plus efficace et la peinture réaliste des petits drames de la vie qui font la condition humaine, tel est le tour de force littéraire réussi par Michael Chabon dans ce roman, son deuxième après les fameux Mystères de Pittsburgh Hollywood ne s’y est pas trompé, qui a convoqué rien moins que Michael Douglas pour interpréter le rôle principal de l’adaptation confiée au réalisateur Curtis Hanson.

Mon avis :

Des garçons épatants, c’est le titre du livre qu’écrit Grady. Plus de 1 000 pages qu’il n’arrive pas à conclure tant son roman est dense, plein de plusieurs générations de personnages et surtout… parce qu’il est un peu fainéant. Pourtant, ça fait plus sept ans qu’il promet à son entourage de le finir ce roman. Et qu’il le promet aussi à son éditeur, Crabtree. Mais rien n’y fait, sa femme, la troisième, sa maîtresse, ses élèves, ses flirts, la drogue, l’alcool, les fêtes… tout le détourne du mot FIN de son livre. Alors quand Crabtree débarque pour un festival de littérature, que sa femme le quitte, que sa maîtresse lui annonce qu’elle est enceinte, qu’une de ses élèves lui déclare sa flamme, qu’un de ses élèves, Leer, tente de se suicider avant de voler une veste hors de prix et de tuer le chien du patron de Grady… tout part en vrille.

La mise en place de l’histoire et des personnages commencent vraiment fort. L’ironie est là, un héros un peu loser auquel on s’attache, des personnages haut en couleur qui tiennent bien leur rôle. Les péripéties se succèdent et à chaque fois que Grady parvient à se sortir d’un mauvais pas, c’est pour foncer tête la première dans une autre situation incroyable. Mais à la fin, comme dans l’histoire de ce roman, ça part un peu en vrille. Les situations s’enchaînent, mais s’essoufflent. Là où il y avait de la vitalité au début, on traine des pieds. Au final, on finit forcément par se demander si Michael Chabon n’a pas eu autant de mal que son personnage à finir son roman. Et on termine la dernière ligne, un peu soulagé d’en avoir fini, mais surtout un peu déçu de cette promesse qui n’a pas été tenue.

Détails :

Auteur : Michael Chabon
Traducteur : Christian Combaz
Editeur : Robert Laffont / Pavillon Poche
Date de parution : 11/11/10
552 pages

Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut – Yahia Belaskri

Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut – Yahia Belaskri

Yahia Belaskri nous propose un regard critique mais aussi plein de compassion pour son pays, l’Algérie.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Proposé par Blog-O-Book il y a quelques temps, ce livre m’intéressait car je n’ai jamais rien lu concernant l’Algérie. Alors je me suis inscrite pour ce partenariat. Merci à BoB et aux éditions Vents d’ailleurs pour la découverte. Vous pourrez retrouver les avis des autres participants sur le site de BoB.

La quatrième de couv :

Déhia, jeune femme universitaire, promise à un avenir radieux, se heurte dans sa propre famille à l’extrême violence de l’histoire récente algérienne. Belle femme dans une société où la religion, la corruption, la violence tiennent lieu de boussole, comment peut-elle vivre, comment tracer sa voie sans se perdre ?

Adel, cadre dans une entreprise, s’accroche à ses idéaux, essaie d’échapper aux pressions, petites et grandes, avant de tenter sa chance loin, très loin…

Deux mémoires saccagées, une femme et un homme au passé amer qui prennent le chemin de la vie, malgré tout, ensemble.

Mon avis :

On découvre Déhia et Adel en vacances en Italie, savourant leur amour et leur liberté dans une ville chargée d’histoire, mais loin, très loin de leurs histoires, celle de leur pays. Et très vite, on fait un retour en arrière, pour découvrir l’histoire de Déhia d’abord. Professeur en milieu universitaire, elle fait partie des jeunes femmes libres, ayant des croyances religieuses bien sûr, mais qui garde surtout un regard objectif sur la vie et son pays. Déhia a la chance d’avoir des parents ouverts aux changements et à la vie et son compagnon, Salim, est lui aussi un homme plein de bon sens. Malheureusement, ils constatent tous les jours la corruption des hommes politiques et surtout la radicalisation du mouvement religieux.  Jusque dans leur propre famille, Déhia ayant deux frères qui versent de plus en plus dans le fanatisme.

Adel, lui, est parti loin de sa famille pour étudier. Fuir serait plus juste, tant il veut s’éloigner de cette famille qu’il ressent comme un boulet. Ce n’est pas qu’il ne les aime pas, mais ils font partis d’un monde ancien dans lequel Adel ne se reconnait plus, lui qui vient de découvrir le pouvoir des mots. D’ailleurs quand il décroche son premier poste, il est encore plein d’idéaux. Il est là pour changer les choses, pour les faire avancer, les améliorer. Mais très vite, il se heurte à l’immobilisme, à la corruption, aux pressions de son entreprise. Jusqu’à cet attentat qui va bouleverser sa vie.

Construit en alternant les différentes histoires, ce livre nous raconte l’histoire de cette Algérie qui oscille entre tradition religieuse et désirs d’émancipation. Le tableau dressé là est bien sombre, même si on sent encore un attachement profond de l’auteur à ce pays, son pays. Il y a ceux qui se battent pour faire changer les choses, mais ce combat est visiblement perdu d’avance tant la corruption et l’emprise de la religion semblent avoir gagné ce pays. Le choix d’une narration en alternance permet d’avoir quand même une petite lueur d’espoir. Espoir de voir que certain arrivent à se sortir de cet engrenage. Mais finalement, à quel prix…

Détails :

Auteur : Yahia Belaskri
Editeur : Vents d’ailleurs
Date de parution : 09/2010
126 pages

Moins que zéro – Bret Easton Ellis

Moins que zéro – Bret Easton Ellis

On aime ou on aime pas, mais Bret Easton Ellis a le mérite de faire réagir à travers des personnages vides et qui ont l’impression de ne rien avoir à perdre.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

J’ai lu, il y a longtemps,  American Psycho. J’ai Glamorama dans ma pile à lire depuis un moment. Et quand Blog-O-Book a proposé ce livre en partenariat, j’ai pensé que c’était une bonne idée de lire le tout premier livre de cet auteur. Surtout que Suite(s) impériale(s), sorti pour cette rentrée littéraire est la suite, est la suite de Moins que zéro.

Vous pouvez lire les avis des autres participants sur le site de BoB.

La quatrième de couv :

Clay, jeune étudiant sur la côte Est, revient à Los Angeles pour les vacances de Noël. Il erre de fête en fête, avec les filles et fils de riches producteurs, essaye diverses drogues, se demande ce qu’il éprouve pour sa petite amie, couche avec celles et ceux qu’il croise, au hasard des rencontres. Il observe avec un froid détachement le mal-être, le désœuvrement désabusé et halluciné de ceux qui l’entourent, l’angoisse, le vertige tapis dans l’apparente indifférence, la recherche incessantes de plaisirs, l’accoutumance l’apathie, et le vide qui les consument.

Clay remarque sur les panneaux publicitaires de L.A. cette étrange injonction « Disparaître ici ». Dans ce monde miroitant, factice, qui ne parvient plus à masquer le désespoir et la violence qu’il engendre, il est difficile de rester en vie. Le sexe, l’ivresse, l’argent n’apportent ni le bonheur ni la puissance escomptés. Mais ils demeurent peut-être les derniers objets du désir, pour se sentir encore vivant.

Mon avis :

Vous commencerez ce livre et vous serez énervés. Obligatoirement. Ces personnages m’avaient d’ailleurs tellement énervés et ennuyés que j’avais exprimé mon agacement dans les commentaires de la chronique de Sébastien L. Ça me semble facile de prendre ces jeunes qui ont tout et de nous faire un livre sur la vacuité de leur existence.

Car au départ, tout ce qu’on vous livrera, c’est une multitude de jeunes tous identiques : « corps graciles et bronzés, cheveux blonds coupés court, yeux bleus au regard vide, mêmes voix atones« . Ce qu’ils font ? Ils se traînent de fêtes privées en boites de nuit ; ils consomment toutes les drogues qu’ils peuvent trouver ; ils végètent sur le bord d’une piscine, imbibé d’alcool ; ils consomment le sexe, comme tout le reste, sans discernement ; ils boivent des cafés dans les derniers endroits à la mode… Ils ont l’impression de ne rien avoir à perdre et font tout pour ne pas se retrouver, de façon lucide, devant le vide de leur existence et le manque de sens de leur présent et aussi de leur futur. On a qu’une envie, arrivé à la moitié de ce livre, les secouer et leur ouvrir les yeux sur des problèmes autrement plus sérieux que le fait de ne pas savoir dans quelle maison de papa-maman ils vont pouvoir aller passer leur soirée !

Et à un moment on bascule. Ce n’est pas radical, mais j’ai senti que ma colère et mon ennui se changeaient tout doucement pour une sorte d’émotion et un peu de pitié pour ces jeunes. Parce qu’au final, ces jeunes d’à peine 18 ou 20 ans ne font que ce que font tous les enfants : ils testent les limites. Pour qu’on les écoute, pour qu’on les remarque, pour que quelqu’un leur dise enfin : je t’ai entendu, je te vois, tu existes pour moi, je t’aime. Le seul problème, c’est que personne n’est là pour jouer ce rôle. Les parents sont bien trop occupés par leur propre vie faite de voyages, maîtresses, travail, stress pour seulement daigner offrir à leurs enfants autre chose qu’un chèque.

Il y a de nombreuses scènes très dures dans ce livre et qu’aucun manque affectif ne peut excuser. Et il est donc très difficile de ressortir de ce récit avec un avis tranché. Il y a quand même une chose que l’on ne peut enlever à Bret Easton Ellis : il nous fait réagir. Par la colère, l’énervement, l’ennui ou la pitié, mais on réagit forcément devant ses personnages. A vous de voir quelle sera maintenant votre réaction face à cette vie qui vaut moins que zéro…

Détails :

Auteur : Bret Easton Ellis
Traducteur : Brice Matthieussent
Editeur : Robert Laffont
Date de parution : 16/09/2010 (1re parution : 1985)
232 pages