Une maison d’édition équitable, avec des couvertures à faire envie aux amoureux du papier, spécialisée dans les nouvelles… Aujourd’hui, on découvre Emue, qui a tout juste un an !

Pouvez-vous présenter votre maison d’édition ?

Emue est un projet collectif en mouvement plus qu’une vraie maison d’édition. Régi par Emue Books, structure légère basée en Australie, il est animé par une équipe déployée dans le monde entier.

L’équipe fondatrice est constituée d’un noyau dur de quatre auteurs dont la particularité est soit d’avoir la langue française comme seconde langue, soit de vivre dans un pays non francophone : deux italiens vivant à Paris, et deux françaises vivant en Angleterre et en Australie.

Notre ligne éditoriale découle tout naturellement de cette rencontre. Nous croyons que la langue française évolue au contact d’autres cultures, et que les récits s’en trouvent enrichis. Nous privilégions la nouvelle avec une envie de revenir aux sources de ce genre, des textes bien structurés, qui transportent et surprennent. Pas question de rester sur sa faim, les nouvelles Emue se picorent comme des bonbons. Avant tout édités en numérique, sans DRM et disponibles sur la plupart des plates-formes de vente, sans restrictions géographiques et à petit prix, les livres sont aussi imprimés à la demande sur trois continents. Nous apportons un grand soin à nos couvertures, avec l’aide d’illustrateurs du monde entier (Hongrie, Espagne, Etats-Unis…) et de notre graphiste maison, Sasufi. Pour le moment, Emue reste attaché aux basiques de l’écriture de fiction et n’a pas développé de livres interactifs ou enrichis. Nous éditons des recueils de nouvelles et, depuis peu, des nouvelles à l’unité dans la collection UNIQUE. Celles-ci sont vendues principalement sur Amazon pour le moment, uniquement en numérique, mais pourront être compilées et éditées sous forme de recueils collectifs. Nous éditerons aussi des textes libres, d’autofiction par exemple, et ne fermons pas la porte au théâtre (Silvio Blues paru mi 2011) et au courts romans.

Emue vient de souffler sa première bougie et a déjà à son catalogue cinq recueils de nouvelles (Femmes contre nature de Léa Godard, Le doigt de l’historienne de Ray Parnac, L’Ora(n)ge d’Emilio Sciarrino – Lauréat du Prix du Livre numérique en 2011, Treize d’Irina Teodorescu et Le Soleil des Balkans d’Alexandre Sredojevic) et une pièce de théâtre (Silvio Blues d’Andrea Marcelli), ainsi qu’une nouvelle UNIQUE inédite (La graine vorace de Flora Boffy).

Pourquoi avoir choisi de publier uniquement en numérique et qu’est-ce que cela vous apporte ou vous permet d’apporter aux lecteurs ?

Le numérique donne des ailes au livre. C’est le principal attrait que nous trouvons à ce format. On peut acheter un livre en un clic et le recevoir directement dans sa tablette où que l’on se trouve dans le monde. Au-delà de cet aspect pratique, le livre électronique offre de nombreuses possibilités d’enrichissement (vidéo, son, liens, interactivité…). C’est prometteur ! Le livre va évoluer et nous nous tenons prêts pour participer à cette révolution, même si nous commençons cette aventure avec des textes bruts, qui pour le moment semblent se suffire à eux-mêmes.

Est-ce que le fait de publier en numérique change quelque chose dans votre façon de choisir les prochains auteurs à publier ?

Les spécificités du numériques (lire partout, découvrir, papillonner dans sa reading list) rejoignent les caractéristiques de l’écriture moderne que nous aimons – vive, condensée, percutante. En outre, le numérique apporte une grande liberté qui  nous permet de ne nous fermer aucune porte (les textes peuvent être longs, courts, déstructurés). Nous ne sommes pas soumis aux lois du marché du livre habituelles.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux auteurs de recueils de nouvelles cohérents, mais nous allons nous concentrer davantage sur les nouvelles à l’unité, dans le premier trimestre 2012. Nous avons également deux projets très enthousiasmants : une nouvelle collection LIBRE et une série de livres illustrés.

Emue signifie « Édition Multiculturelle Équitable ». En quoi la maison d’édition est-elle équitable ?

Emue est née d’une collaboration entre auteurs ; la maison s’est construite avec en tête certains principes éthiques. La structure Emue Books perçoit autant sur chaque vente que les auteurs.

Nous sommes également équitables dans notre approche vis-à-vis des lecteurs. Nous proposons des prix bas pour les livres numériques (moins de 5 euros), pas de DRM (les fichiers peuvent circuler librement) et une grande variété de formats.

Enfin, nous pensons à l’environnement : l’impression à la demande est un bon moyen d’éviter les stocks (qui, si non vendus, sont généralement détruits) ; notre imprimeur utilise du papier issu de forêts gérées dans une optique durable. Pour réduire au maximum notre empreinte, les livres sont imprimés sur trois continents et donc expédiés localement zone par zone (USA, Europe, Asie-Pacifique).

Un texte en particulier à nous recommander pour découvrir votre maison d’édition ?

Notre dernière parution uniquement numérique : La graine vorace, de Flora Boffy dans la collection Unique est une nouvelle qui vous entraînera loin et vous permettra de découvrir Emue pour mois d’un euro. Disponible sur notre site et sur Amazon.

Url: http://emue.fr/
Twitter: @emuebooks
Facebook: http://www.facebook.com/editionsmue

 

Merci à Sophie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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