J’ai été Robert Smith – Daniel Bourrion

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Un bout d’adolescence, un bout de Lorraine, un bout de Robert Smith et des phrases qui vous retiennent jusqu’au point final.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Je reçois un samedi matin la newsletter Publie.net dans ma boîte aux lettres. Dans un train au fin fond de ma Moselle, je vois qu’un texte de Daniel Bourrion est proposé ce week-end là en téléchargement gratuit. Ni une ni deux, je le télécharge pour le lire sur mon smartphone qui me conduit vers Metz (qui est en Moselle aussi, mais en Moselle moins profonde que celle d’où je viens).

La quatrième de couv :

Chaque génération s’invente ses héros, comme une négation de ceux qui les ont précédés. Début des années 80, la vague punk pousse tout à l’excès. Coiffures et maquillages, Robert Smith en fut une des icônes majeures, parce que sa musique (le groupe The Cure) en est l’illustration la plus noire, la plus rebelle, la plus profonde et la plus belle.

Du moins c’est ce que pense le narrateur, et ça suffit pour ce thriller d’un soir.

Tout là-bas en Lorraine, pour un samedi soir de virée entre potes, dans une boîte de nuit (un chapiteau en plein champ, avec projecteurs et sono), le narrateur se grime en Robert Smith. Et il sera réellement Robert Smith, jusqu’à l’aube.

C’est l’occasion d’un road-movie déjanté, vieilles voitures et vraies cuites, magnéto-cassettes plein tube et videurs. Mais plus tard, sur les chemins de la vie adulte, où c’est toujours l’adolescent qui rêve en nous, la nuit folle reste celle de l’illusion, de tout ce qu’on jouait ensemble dans cette période-là, où tout est promesse.

C’est ce magistral travail qu’ouvre Daniel Bourrion, dans cette forme de prose poétique très dense et très brève à laquelle il nous a habitués, comme s’il fallait aiguiser l’arme ainsi pour ouvrir l’autobiographie, toucher le terroir, la langue, les morts.

Mon avis :

Dans ces 26 pages, il y a des moments d’adolescence. De cette période où l’on ne sait pas encore qui on est, de comment c’est être soi, qu’on va emprunter les attitudes, la coiffure, les habits d’un autre. Alors autant qu’il soit charismatique cet autre, représentatif d’une génération.
Dans ces 26 pages, il y a des bouts de ces samedis soirs où les lumières sont trop vives, les musiques trop fortes, où la bière coule à flot, la chaleur est moite et les bagarres jamais bien loin.
Dans ces 26 pages, il y a un bout de ma Lorraine. Celle où « la normalité est dans le simple, le rude, les vêtements à peine différents de ceux qu’on porte en semaine et qui ne se distinguent de ces derniers que parce qu’ils sont neufs brillants et pour les filles rappellent la fête (on porte les mêmes à la noce ou au Premier de l’An ou à toute occasion où il faut s’habiller et être beau et s’amuser et cette phrase n’a rien qui touche à une quelconque condescendance – je suis de ce monde-là et c’est le mien à tout jamais)« . Ce bout de « terre noire et grise et brune et grasse lourde » où parfois on prend le tracteur pour rentrer de soirée.
Dans ces 26 pages, il y a surtout ces longues phrases qui vous emmènent, vous retiennent. Alors on lit ça d’un trait, en retenant son souffle, jusqu’au point final.

Extraits :

Un extrait a été publié dans l’extrait du mardi.

Un extrait est disponible sur le site de Publie.net.

Détails :

Auteur : Daniel Bourrion
Editeur : Publie.net
Date de parution : 09/10/2012
26 pages

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2 Comments

  1. inspirant (et aussi un peu nostalgisant pour moi qui suis lorraine aussi!)

    Reply
    • Toi qui avais déjà bien aimé l’extrait (et qui est Lorraine exilée), ça devrait te plaire :)

      Reply

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