Je suis Rage - Neil JomunsiC’est le type de texte qu’on aime ou qu’on déteste. Alors allez-y. Allez découvrir ce que Je suis Rage a dans le ventre !

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Lu il y a plus d’un an, j’avais découvert cet étrange roman en version gratuite sur l’ibookstore, proposé alors par Walrus. Il avait depuis disparu des catalogues. J’avais donc décidé d’attendre avant d’en faire une chronique. Le voilà aujourd’hui à nouveau disponible en auto-publication.

La quatrième de couv :

Hermann Heliophas a un problème: il déteste tout et tout le monde. Pour tout dire, il aurait même aimé ne jamais naître sur cette Terre. Le profond dégoût que lui inspire l’humanité a fait de lui un être asocial, méprisant et hautain, qui ose à peine sortir.

Mais les sentiments les plus noirs peuvent s’avérer dangereux.

Hermann remarque qu’une bosse lui pousse sur le haut du crâne. Cette bizarre excroissance, ne cessant pas de grossir, finit par devenir gênante, puis carrément inquiétante. Persuadé d’être atteint d’une tumeur fatale, il redouble de haine et de colère… jusqu’au jour où sa bosse explose, libérant une créature maléfique et sanguinaire qui sème la panique dans toute la ville. Hermann comprend alors que sa Rage s’est échappée.

Dorénavant libéré de ses propres démons, Hermann se lance à la poursuite de sa création. C’est alors que commence son voyage dans un Paris sombre et fantastique, aux souterrains hantés par d’étranges confréries, aux monstres de cauchemar et aux apparitions fantomatiques, peuplé de personnages fous et surprenants dignes du Pays des Merveilles.

Mais le pire des dangers demeure tapi dans l’ombre, et attend encore son heure…

Roman décalé, sombre et fantastique qui puise aussi bien son inspiration chez Ray Bradbury, H.P. Lovecraft, Lewis Carroll ou Lautréamont, «Je Suis Rage» mêle l’épique au merveilleux et entraîne le lecteur dans un tourbillon de nuées noires et rageuses.

Mon avis :

La science-fiction, le fantastique, ça n’a jamais été mon style de lecture. J’ai essayé quelques incursions, mais peu ont été concluantes. Mais avec ce roman, il s’est passé quelque chose… Dès ce « Tremble, carcasse, tremble… » du préambule, ma curiosité a été titillée. Et pourtant, Hermann Heliophas n’est pas de ceux à qui l’on a envie de s’attacher. Tout simplement parce qu’il hait tout et tout le monde. Une haine féroce, profonde et sans discernement. « Mais connaître les états d’âme d’Hermann Heliophas importe peu, au final. Ce qui compte vraiment, c’est de savoir qu’il était en guerre. En guerre contre lui-même, et contre l’humanité. Et cette haine était antérieure à toute existence. Ce qu’il convient de savoir est que, contre vents et marées, Hermann était habité d’une haine que rien n’osait contrer. Pas vraiment de raisons, juste une simple constatation. »

Oui, ce qui compte vraiment dans ce roman étrange, ce n’est pas tant la haine qui habite Hermann Heliophas que le fait que cette haine est tellement vivace qu’elle en arrive à devenir une incarnation vivante. Lucie, elle, va donner « naissance » à une incarnation de la Peur. Totalement hors de contrôle de leur « géniteur », elles vont semer la terreur dans une ville déjà peuplée de laissés pour compte, déclenchant des scènes apocalyptiques. Ainsi libérés de la Haine et de la Peur, Hermann et Lucie vont tenter de remettre un peu d’ordre dans leur vie et leur ville. Mais comment combattre ces sentiments si fort ?

Roman totalement inclassable, Je suis Rage est un mélange de fantastique, de science-fiction, de policier, d’étude du comportement. Il y a des scènes extrêmement violentes, d’autres semblant sortir de contes de fées, le tout saupoudré de royaume des SFD établi dans les bas-fonds de la ville et de scènes apocalyptiques…

C’est le type de texte qu’on aime ou qu’on déteste. Un an après sa lecture, je me souviens encore parfaitement de cette lecture et j’attendais impatiemment sa remise en vente pour vous en parler. C’est chose faite. Alors allez-y. Allez découvrir ce que Je suis Rage a dans le ventre !

Extrait :

La Rage, représentée par la couleur blanche, est le principe d’action, la force de création. La Rage est ce qui pousse l’humain à se rapprocher du divin, à exacerber les meilleures énergies. Elle est la volonté, le courage, la détermination. Elle est aussi l’amour. Lorsqu’il n’y a plus que Rage,l’éternel ouvre ses portes et dévoile toutes ses possibilités, toutes nos possibilités. Tout ce qui transcende est Rage.

La Peur, dont la couleur est le noir, est le principe de soumission, du non-agir. La Peur est ce qui bride l’humain à tout ce qui est vil, à tout ce qui le rabaisse, qui l’intériorise. Elle est l’attentisme, la flagornerie, la médisance, l’abjecte humiliation et encore bien d’autres choses. Lorsque tout est Peur, l’esprit n’est plus qu’une pierre. Il n’y a alors plus rien de divin dans l’humanité.

Mais tout équilibre est un jour menacé. Car comme toujours, dans l’ombre, se terrent les antithèses.

La Peur blanche, par opposition à la Peur noire, en est sa forme la plus aboutie, donc infiniment plus dure à atteindre. La Peur blanche est l’accumulation des observations, conclusions, tirées par un individu au terme d’une plus ou moins longue existence. Semblable à la Sagesse, profondément inactive, elle est moteur d’apprentissage et d’élévation spirituelle si utilisée à bon escient. Elle est le détachement lumineux mais elle reste Peur, dans le sens où elle n’enrichit personne d’autre qu’elle-même si elle n’est pas partagée.

La Rage noire, en revanche, est sans aucun doute le pire des quatre élémentaux : sa force est titanesque, si bien que quand l’esprit cède à son appel, il n’est plus de salut. La Rage noire est la force créatrice de destruction: elle n’appelle que cris, larmes, effondrement et chaos. Elle est l’action néfaste.

Ainsi se définit l’esprit humain, et il serait bien inutile de chercher la complexité là où elle n’existe pas. L’humanité, restreinte en quatre principes, se trouve ainsi résumée.

Cette affirmation ne souffrira d’aucune contestation.

Détails :

Auteur : Neil Jomunsi
409 pages

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