Une crise financière, une erreur de jugement qui passerait inaperçue en temps normal et c’est tout un monde qui s’écroule.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Dans ma liste à lire car je l’avais repéré dans le magazine Lire, je l’ai trouvé récemment chez le bouquiniste.

La quatrième de couv :

Ce livre est l’histoire d’une erreur. Celle d’un trader, dévoué à sa banque, fiable et performant. Une petite erreur de jugement comme il s’en commet tous les jours dans la finance, et plus encore dans nos vies.
Ce livre raconte la banalité d’une erreur, et la tragique disproportion de ses effets. II raconte l’histoire vraie d’une faillite. Celle d’un homme et d’une vie, organisée selon les principes de l’économie. Car l’économie a ses lois, que les lois ignorent.
Ce roman voit tomber les hommes et les feuilles, les banques et les principes, les têtes et l’argent : mais pas la littérature.

Mon avis :

Il y a d’abord Cortès, auteur de théâtre à succès dont l’idée est « de présenter, dans une œuvre chorale, la vie d’écrivain de Virginia Woolf, racontée par Keynes, et la vie d’économiste de John Maynard Keynes, racontée par Virginia Woolf. » A l’aise financièrement, il déteste pourtant l’argent, même si cela ne l’empêche pas de profiter de ses possibilités financières pour s’offrir un magnifique appartement dans un quartier cossu de Paris. Au troisième étage de l’immeuble il manque pourtant la terrasse, mais il fera la connaissance de Susanna.

Susanna, belle, italienne, deux enfants, habite au cinquième étage du même immeuble. Elle a quitté l’Italie et ses rêves d’actrice pour suivre son mari. Aujourd’hui, elle a tout, l’argent, les enfants, le mari, un bel appartement, la nounou qui s’occupe des enfants, mais a besoin de consulter un psy toutes les semaines pour soigner ses angoisses imaginaires. Un psy qui n’accepte de la recevoir que parce qu’à chaque fois il lui soutire des informations sur le travail de Julien, son mari.

Julien donc, trader dans une salle de marché d’une banque d’affaires, à la Défense. Il ne s’estime pas particulièrement riche avec son million d’euros gagné chaque année. Julien qui ne comprend le monde qu’à travers sa position sociale, les conseils financiers qu’il peut donner aux autres et notamment à son beau-père. Sortie du blé, dont il s’occupe dans sa salle de marché, il n’a pas d’ami, pas de centre d’intérêt, pas de loisirs et ne sait même pas s’occuper du petit-déjeuner de ses enfants. Et en pleine crise financière, il va faire la petite erreur de jugement qui précipitera tout ce petit monde dans le chaos !

Ça se lit très, très vite. Ça semble très banal au premier abord, très léger aussi. Et puis ça vient un peu à retardement. Le personnage de Susanna, sans que je ne sache vraiment pourquoi, m’a poursuivi pendant plusieurs jours. Comme s’il fallait un peu de recul pour saisir toute l’ironie de la situation dans ce livre. Bien sûr, on voit très vite venir la critique de ce monde doré, celui qui a assez d’argent pour justement pouvoir affirmer haut et fort que l’argent est sale et que le million n’est qu’un salaire moyen. Mais l’ironie arrive surtout dans les petits détails. Comme le beau-père italien, ouvrier à la retraite qui a misé toutes ses allocations vieillesses au casino sur la date de naissance de Karl Marx, et a ainsi pu gagner en un soir ce qu’il n’a pas réussi à gagner dans toute une vie. Pendant que Julien, dans son univers capitaliste, vient de faire l’erreur de trop…

Extraits :

Vous pourrez lire le premier chapitre sur le site des éditions Grasset.

Détails :

Auteur : Tancrède Voituriez
Editeur : Grasset
Date de parution : 03/02/2010
202 pages

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