Et puis on a trouvé le dieu unique, le dieu suprême, il est bien balèze celui-là, il résout tout et personne trouve rien à y redire. La sécurité. Le mot est lâché. Tout est dit. Y’a plus de violence. Plus de crimes. Plus de meurtres. Plus de guerres, pas ici en tout cas. On a la solution. Elle est belle, elle est pratique, on l’adore comme des bienheureux. Tout est légal. Tout est organisé. Si un mec a envie de se défouler en shootant les genoux d’un type au fusil, coup de fil, virement par carte bancaire, le rendez-vous est pris avec un catégorie A qui se fera dézinguer avec le sourire à condition d’allonger. C’est le job. Ça gagne pas des masses si on tient à rester valide. Pour beaucoup c’est du superflu. Faut repartir en civière en tenant ses tripes pour que ça paye un minimum. Ceux qui le font ont pas le choix, on est des milliers, des millions dans le monde entier à tous les coups, on le fait pour bouffer, pas par plaisir, par paresse, on est pas des tordus, des cupides, des flemmards, des idiots, des branques, des masochistes, des tarés, des épaves, des bons à rien, des pédales refoulées. C’est la faute à la société, qu’ils disent, à l’ère du temps. Mon cul, ouais. C’est la faute de l’être humain, ce charognard déguisé, en costard repassé et godasses vernies, qui prend de grands airs en plein jour avant de suriner son prochain le soir au lieu de regarder la télé et de se répandre en bout de chaîne en tas de gerbe pour les asticots.

Crevez charogne – Herbert J. Pastorius

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