Madame Rabot, un monde où un milliard de personnes est assujetti à la faim, où un autre milliard est contraint à la survie et où la moitié de la population est maintenue dans la précarité, c’est un monde en état de siège. Et c’est un monde qui mène inéluctablement à la guerre civile, car croyez-moi, il y aura toujours une limite à la souffrance que peuvent endurer les gens. Savez-vous qu’un tiers des décès mondiaux est imputable à la faim ?
Je vous parle donc bien d’une guerre à mener, Madame Rabot, d’une tyrannie à abattre, d’une lutte sans pitié contre cette dictature du capitalisme qui n’utilise pas des chars, mais une puissante religion dont les armes de destruction massive sont des équations et des théories mathématiques.
Il faut quand même dire aux téléspectateurs que le monde n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui alors que des famines réapparaissent aux quatre coins du globe. Dans le même temps, nous détruisons des millions de tonnes de nourritures – des « retraits » comme on les nomme pudiquement en politique -, nous payons des agriculteurs pour détruire récoltes, champs et outils de travail, nous imposons des quotas pour éviter une surproduction alimentaire qui déstabiliserait les cours mondiaux.
N’atteignons-nous pas ici le comble de l’absurde ? Un monde pareil, Madame Rabot, ce n’est pas simplement un monde qui marche sur la tête, c’est un monde criminel.
Et un jour, tôt ou tard, nous devrons rendre compte de tous ces crimes perpétrés contre nos frères humains.

L’homme qui rêvait – John Marcus

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