Un texte magnifique, plein de rythme et dense, sur cette inquiétude qui nous tient tous depuis longtemps…

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Proposé par la maison d’édition. A qui je présente également toutes mes excuses pour cet énorme retard.

La quatrième de couv :

L’inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf,
au mouvement de toute chose dans ce siècle.
Paysages ! Villes ! Enfants !
Voyez comme plus rien ne demeure.
Tout bouge et flue.
Paysages ! Villes ! Enfants !
L’inquiétude est entrée dans le corps du père qui attend son fils,
comme elle s’est glissée, un jour, dans le corps des choses.
C’était hier. C’est aujourd’hui.
Ce sera plus encore demain.
L’inquiétude de l’espèce, des espèces,
et de la Terre que l’on croyait si posée,
qui ne cesse de se manifester à nous,
sous un jour de colère, au point qu’on la croirait
froissée ou en révolte.

Mon avis

Il y a des textes qui nous touchent, mais pour lesquels il est très difficile d’expliquer le pourquoi. Indéniablement, ce texte fait partie de cette catégorie.

Il y a le titre déjà qui reflète l’inquiétude sourde qui plane sur notre planète depuis des décennies… Depuis la Grande Guerre précisément. Celle qui laissait penser, d’après l’auteur, qu’après Elle on aurait compris. On ne le referais plus. Et pourtant…

Bien sûr les autres guerres… Ou encore les tueries comme Columbine, en Norvège, ou même, plus proche de nous, Aurora la semaine dernière. Tout dans ce 20e siècle est dans la dé-mesure, « ledu déluge, de la démence, du hasard et de la fin« . Vertige de la dé-mesure, de l’impermanence, du tourbillon de la technologie, l’Histoire, la politique, les langues, la soi-disant maîtrise de tout… Vertige de cette image qui nous a été vendue, mais qui n’est pas… Vertige de la sécurité qu’on nous a promise, mais simplement pour pouvoir mieux nous tenir ? C’est ce vertige qui est là, déjà dans le titre. C’est cette peur face à tout ce qui bouge, change, avance…

Et puis, au-delà du titre et du texte lui-même, il y a ce rythme dans l’écrit. Harmonieux et cadencé. Tantôt emporté, tantôt hachuré. Vif et dense. Dans l’urgence et dans l’analyse. Court mais pourtant si dense. Et cette question de savoir si finalement nous ne courons pas tous après une chimère, celle de cet instant T où tout serait parfait dans le meilleur des mondes, sans vertige, sans inquiétude, jusqu’à la fin des temps…

Sans aucun doute, un très beau texte !

Extraits :

Un extrait a été posté dans l’extrait du mardi.

Détails :

Auteur : Camille de Toledo
Editeur : Verdier
Date de parution : 2012
64 pages

Cette chronique a déjà été lue 2830 fois.

%d blogueurs aiment cette page :