Si vous aimez comprendre les mécanismes qui régissent l’industrie de la culture, cette enquête est pour vous. Exceptionnelle, très objective et très documenté.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Une enquête sur la culture qui plaît à tout le monde ? Ça m’intéresse énormément !

La quatrième de couv :

Comment fabrique-t-on un best-seller, un hit ou un blockbuster ? Pourquoi le pop-corn et le Coca-Cola jouent-ils un rôle majeur dans l’industrie du cinéma ? Après avoir échoué en Chine, Disney et Murdoch réussiront-ils à exporter leur production en Inde ? Comment Bollywood séduit-il les Africains et les telenovelas brésiliennes, les Russes ? Pourquoi les Wallons réclament-ils des films doublés alors que les Flamands préfèrent les versions sous-titrées ? Pourquoi ce triomphe du modèle américain de l’entertainment et ce déclin de l’Europe ? Et pourquoi, finalement, les valeurs défendues par la propagande chinoise et les médias musulmans ressemblent-elles si étrangement à celles des studios Disney ?

Pour répondre à ces questions, le journaliste et chercheur Frédéric Martel a mené une longue enquête de Hollywood à Bollywood, du Japon à l’Afrique subsaharienne, du quartier général d’Al Jazeera au Qatar jusqu’au siège du géant Televisa au Mexique. Ce qu’il nous rapporte est à la fois inédit, fascinant et inquiétant : la nouvelle guerre mondiale pour les contenus a commencé.

Au cœur de cette guerre : la culture « mainstream ». De nouveaux pays émergent avec leurs médias et leur divertissement de masse. Internet décuple leur puissance. Tout s’accélère. En Inde, au Brésil, au Arabie saoudite, on se bat pour dominer le Web et pour gagner la bataille du « soft power ». On veut contrôler les mots, les images et les rêves.

Mainstream raconte cette guerre globale des médias et de la culture. Et explique comment il faut faire pour plaire à tout le monde, partout dans le monde.

Mon avis :

Cinq ans d’enquête, 1 250 entretiens à travers 30 pays et 150 villes. Découvrir ce qui fait qu’un film devient un blockbuster mondial. Comprendre pourquoi les États-Unis arrivent à inonder le monde avec leurs contenus. Et comment Al Jazeera devient peu à peu un média mainstram pour le monde musulman. Alors que l’Europe de son côté peine à suivre la tendance et se replie tout doucement sur elle-même… Cinq ans d’enquête de Frédéric Martel pour appréhender l’économie des industries de contenus. Car on ne parle déjà plus d’industrie culturelle, à l’heure où tout devient immatériel, mais des contenus que l’on peut décliner sur différents supports à travers le monde.

Une enquête riche, objective et sans concessions sur l’état actuel de l’industrie des contenus (films, livres, télévision, radio, DVD, téléfilms, …). Vous ne trouverez pas dans ce livre de critiques du modèle américain. Ni une mise en avant d’une supériorité quelconque dans le domaine de la culture pour un pays. Ce livre ne dénonce pas le modèle actuelle, mais tente plutôt de comprendre les mécanismes qui sont en place, comprendre ceux qui sont en train de se mettre en place à travers le monde. Et comment cela pourrait évoluer dans les années à venir.

De Rio à Bollywood, de Miami à Paris, du Caire à Hong Kong, on dénoue les enjeux politiques, les volontés cachées ou affichées derrière la diffusion des contenus. On apprend comment les réseaux se mettent en place, pourquoi un best-seller supposé américain est finalement le fait d’un groupe allemand et comment, parfois, le cinéma indépendant peut finalement être financé par les grosses maisons de production. Une enquête très dense, très documentée et époustouflante. A lire pour comprendre un peu mieux les dessous de cette industrie !

Extraits

Des extraits de ce livre ont été postés dans l’extrait du mardi 30 et l’extrait du mardi 35.

La troisième hypothèse serait que la définition européenne de la culture, historique et patrimoniale, élitiste souvent, anti-mainstream aussi, n’est plus forcément en phase avec le temps de la mondialisation et le temps numérique. La « Culture » à l’européenne, avec un C majuscule, n’est plus nécessairement le standard international en matière de flux de contenus. Elle reste un produit de niches pour d’importants segments du marché, mais elle n’est plus une culture de masse. […] L’Europe ne se préoccupe-t-elle pas trop de l’offre culturelle et insuffisamment de la demande, contrairement aux États-Unis ? Est-ce qu’une définition trop étroite de l’art ne freine pas la production et la diffusion des œuvres au temps de l’économie immatérielle et globale ? Est-ce qu’une hiérarchie culturelle trop rigide, trop sophistiquée, faite de distinctions et de rejet du commerce, n’est pas devenue inopérante quand les genres se mêlent partout et quand, de Mumbai à Rio, il n’y a plus une seule définition de la culture ? Est-ce qu’une séparation trop stricte entre les cultures classiques et techniques n’est pas dépassée à l’âge d’Internet ? Les industries créatives et la mondialisation des contenus se préoccupent peu de ces hiérarchies et de ces distinctions : elles ne sont ni pour ni contre l’art – elle n’ont simplement pas d’avis.

Détails :

Auteur : Frédéric Martel
Editeur : Flammarion
Date de parution : 31-03-2010
460 pages

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