Direction le parc, avec Park Life sous le bras, pour une pause bien méritée au cœur de l’été !


Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Repéré encore une fois chez La Plume Dilettante, avec encore une fois, un auteur que je ne connaissais pas. Merci pour le prêt Anouchka !

La quatrième de couv :

Ce petit roman est une bouffée d’air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tôkyô, où l’on pénètre sur les pas d’un jeune employé légèrement excentrique, et soudain « l’exhalaison de terre et d’herbe vous chatouille les narines ». Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants, rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s’exerce à chambouler la perspective pour voir le monde autrement. Il arrive que s’y nouent des idylles, à peine plus tangibles que le bruissement des pigeons qui s’envolent. Ce récit a le charme des parenthèses qui s’ouvrent parfois dans la vie pour laisser entrer l’enchantement, comme un léger vertige de déraison. La ville n’est pas loin, les buildings cernent l’horizon, mais dans cet espace clos et protégé, se jouent les menues aventures qui donnent son goût unique à l’existence, la petite musique d’un grand parc au cœur d’une immense capitale.

Mon avis :

Avec Park Life, on effleure de nombreux sujets : les nouveaux parfums de produits pour le bain, les relations de couple, les relations père-fille et fils-mère, les greffes d’organe, le type de femme qui se rend au Starbucks, la façon de se déplacer dans une ville, les relations hiérarchiques… On effleure, on survole, parce que ce qui est important c’est ce qui se joue au parc. La journée-type semble tout entière tournée vers ce moment où l’homme, anonyme, va se retrouver sur son banc. Le reste ne semble être qu’accessoire dans ce roman.

Et cet homme, à force de se retrouver toujours sur ce même banc au même moment va tisser un lien, tenu, avec une femme, elle aussi anonyme. Pas de coup de foudre ou de romance en vue. Juste un moment de partage dans le même espace, au même moment pour deux êtres qui semblent solitaires et ont envie de découvrir qui sont les autres personnages qui peuplent ce parc.

Un roman agréable à lire, mais où j’ai regretté tout de même l’absence d’un vrai voyage. Dans un parc, je passe mon temps à observer les gens, les écouter, regarder comment ils agissent, comment se comportent les familles, les parents avec les enfants et j’extrapole une histoire à partir de ces détails. Là, le parc en tant que « personnage » prend une place tellement importante que tout cet aspect en est presque occulté. Et il faut lire la postface pour véritablement comprendre les intentions de l’auteur. Mais à ce moment-là, il est presque déjà trop tard…

Extraits

Un jour, j’ai demandé à M. Kondô : « Mais pourquoi est-ce que tout ce monde vient au parc ? » Il a médité très sérieusement, chose rare chez lui, avant de me dire nettement : « Ils se sentent soulagés. » Comme ce n’était pas une réponse en l’air, je n’ai pas voulu insisté, mais il a ajouté : « Même si tu ne fais rien dans un parc, personne ne viendra te le reprocher. Au contraire, si tu veux faire quelque chose, comme du racolage ou un discours, on te chassera. »

Détails :

Auteur : Shuichi Yoshida
Traducteur : Gérard Siary
Editeur : Philippe Picquier
Date de parution : 09/07
102 pages

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