Va-t-en va-t-en c’est mieux pour tout le monde – Christophe Grossi

Va-t-en va-t-en c’est mieux pour tout le monde – Christophe Grossi

Les textes qui vous marquent vous habitent pendant longtemps. Ça fait maintenant un an que j’ai lu ce texte. Et j’y reviens régulièrement.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Lu il y a maintenant un an, je ne me souviens plus du tout comment j’avais choisi ce livre. Certainement après avoir vu la sortie du livre sur Twitter.

La quatrième de couv :

D’abord, un road-movie. Dérives et virées, ainsi sont intitulés les chapitres. Avec de la musique, Bashung ou Noir Désir dans le poste, ou ce qu’on entend à la radio, au fil des autoroutes et des péages.
Et puis les villes. Pendant un an de sa vie, le narrateur aura à se rendre région après région, dans chaque région les principales villes, et dans chaque ville les principales librairies.
Alors ce sont deux aventures qui se superposent : chaque maison d’édition a ses représentants qui parcourent ainsi la France. Mais on ne fait pas ce métier si soi-même on n’a pas un compte à régler avec l’écriture, avec la lecture. Et c’est à ça que servent les heures d’autoroutes, les chambres d’hôtel de hasard, les conversations avec les amis qu’on retrouve.
Et puis une autre nappe, sans laquelle les deux autres ne signifieraient rien. La quête est d’abord celle de soi-même. Histoires de couples croisés, d’amours qui se font puis se défont, chanson éternelle – mais la rencontre de soi-même est à ce prix, quand bien même aujourd’hui cela passe par textos, e-mails, conversations au téléphone dans la nuit.
Alors ce qui semblait une réflexion, via villes et routes, sur le sens du travail, celui qu’on quitte, et pourquoi on le fait, bascule dans une interrogation plus essentielle. La route, la ville, et le vieux pays des livres, soudain pour s’y perdre.

Mon avis :

Il y a presque un an, je lisais ce texte d’une traite. Incapable de lâcher ce récit deux minutes, ma liseuse me suivait dans la cuisine où je fume ma cigarette, retour sur le canapé, les yeux collés au texte… En apnée, j’avais dit à ce moment-là à Christophe Grossi sur Twitter. Et c’était ça. Cette impression d’être immergée dans un texte, de faire la route avec ce VRP des textes. Accompagnée par les morceaux de Noir Désir, Mickey 3D, IAM, Serge Reggiani, Ben Harper… Et tant d’autres ! Passant de ville en ville, de libraires indépendantes en supermarchés culturels, on est là, juste derrière.

Mais au milieu des livres, des libraires, des amis rencontrés au gré de la route, des repas partagés ou les apéros en terrasse, il y a une solitude. De ces solitudes lourdes, car justement cette impression d’être au coeur de la vie. Et puis il y a S. et F., deux femmes, deux histoires, l’une qui se finit, l’autre qui s’officialise, sans pour autant alléger ce poids qui pèse sur les mots. Alors, au bout de presqu’un an de route, la décision, « impossible de continuer comme ça plus longtemps. »

C’est l’histoire d’un représentant d’un éditeur de théâtre contemporain. Mais pas que. C’est une histoire d’amitiés, d’amours compliqués, mais pas seulement. C’est l’histoire d’un voyage à travers la France avec une bande-son pour chaque ville et chaque étape. Oui, mais il y a plus. Et pendant un an, j’ai pensé à ce texte, sans savoir comment vous en parler, comment vous donner envie de le découvrir à votre tour. Peur de mal en parler. Même si c’est un des premiers textes que je recommande en général quand on me demande des suggestions en livres numériques.

Et puis maintenant, l’occasion de le ressortir, avec la possibilité toute neuve de pouvoir le lire en numérique et en papier. Comme ça, même ceux qui ne sont pas équipés pourront découvrir ce magnifique texte. Alors plus d’hésitation, laissez-vous emporter sur cette route.

Extrait :

Lire les premières pages sur le site de publie.net.
Un extrait a été publié dans l’extrait du mardi.

Détails :

Auteur : Christophe Grossi
Éditeur : Publie.net | Publie.papier
Date de parution : 08/2011
144 pages

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