Vous en avez assez des marques qui gouvernent notre vie ? Venez découvrir l’Albanie, le pays perdu où nous emmène Philippe Ségur.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Depuis un moment dans ma liste, après avoir lu une chronique dans Lire. J’attendais la sortie en Poche pour me le procurer.

La quatrième de couv :

Un graphiste hypocondriaque, végétarien et tyrannisé par ses enfants, rêve d’aventure. Le jour où il découvre que les salades, les purées et les pâtes dont il conçoit les emballages sont bourrées de pesticides, d’hormones de croissance et d’antibiotiques, il décide de rompre avec le système et de fuir la société de consommation.

Il s’embarque avec son meilleur ami pour un périple qui va le conduire à découvrir, loin des circuits touristiques, le dernier pays des merveilles. De ce pays fameux, notre anti-héros, perclus d’angoisses et aliéné par le système avec lequel il veut rompre, ne verra pas grand-chose…

Vacance au pays perdu, roman plein d’humour et d’amertume, dresse le portrait d’un homme condamné à être exclu du monde où qu’il aille. L’aventure, d’accord, mais à l’étranger, était-ce bien raisonnable ?

Mon avis :

Voilà donc notre décors planté : notre graphiste n’en peut plus de sa vie, du consumérisme ambiant rappelé chaque jour par les demandes, incessantes, de ses enfants. La seule solution pour lui, avant de faire une crise cardiaque, c’est de trouver un pays n’ayant pas, encore, été touché par la mondialisation. Un pays qu’il espère « sans Eastpak, sans figurines Pixar, sans Nintendo LS Lite« . Après avoir hésité entre plusieurs destinations (« Proche-Orient ? Trop hostile. […] Les États-Unis ? Trop accueillants. […] L’Australie ? Trop loin. La Turquie ? Trop près. »), le voilà décidé pour l’Albanie. Il laisse donc sur place femme et enfants pour partir avec son meilleur ami pendant une semaine.

Sur un ton narquois et caustique, Philippe Ségur va nous emmener voyager avec ces deux hypocondriaques. Mais d’aventures à la dure avec sac à dos et camping à la belle étoile, il n’y aura point. Fuite de la société de consommation ? Ça dépend du sens que l’on va donner à ce terme… Car les voilà perdus à peine leur carte bancaire refusée. À la recherche constante du meilleur hôtel pour leur fournir un lit moelleux et avec la télévision. En quête de nourritures adaptées à leur estomac. Bref, à la poursuite de ce qui fait habituellement le monde tel qu’ils le connaissent.

Un peu moqueur face à nos habitudes de touristes, Philippe Ségur ? Oui, sans aucun doute ! Mais c’est drôle et on ne décroche pas, même si quelques longueurs et répétitions viennent – un peu – gâchées le programme de vacances. On finit par regagner nos pénates, avec nos héros qui n’en sont pas vraiment, pas mécontent du voyage !

Extraits

Un premier extrait de ce livre a été posté dans l’extrait du mardi.

Nous allions voyager à la dure, salle poltrone numéro huit, logés avec la foule bruyante des exclus et des hors-la-loi qui s’embarquaient pour le Nouveau Monde. C’était le seul endroit qui convienne à des aventuriers de notre trempe. Nous avons cherché la salle, un peu tendus, dans un dédale d’escaliers et de coursives. En y entrant, nous nous sommes figés l’un et l’autre. Il m’a semblé entendre un soupir de soulagement.

– Comment ? j’ai fait.
– Tu disais ? il a répondu.
– Non rien.

La salle poltrone numéro huit était climatisée, le sol recouvert d’une moquette bleue et les murs parés d’élégantes boiseries. Des fauteuils moelleux s’alignaient devant les écrans de télévision. Une lumière douce provenait de spots incrustés dans le plafond en myriades d’étoiles. Quelques passagers s’installaient, calmes et respectueux de la tranquilité des autres.

p.36

Détails :

Auteur : Philippe Ségur
Editeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 03/02/2010
217 pages

Cette chronique a déjà été lue 1368 fois.

%d blogueurs aiment cette page :