Pour arriver à faire cohabiter des elfes et des punks dans une même nouvelle, il faut une sacrée dose d’humour décapant. Pari réussi pour Julien Campredon.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

En week-end à Annecy il y a quelques temps, je passe devant une petite librairie et me laisse tenter par cette couverture, ce titre et le texte qui se trouvait sur le rabat (voir l’extrait ci-dessous).

La quatrième de couv :

Julien Campredon est une légende et si vous demandiez à tous les éditeurs, ils seraient unanimes : il n’existe pas. Ou alors, s’il existe, il est insupportable et tout à fait du genre à vous proposer sans sourciller : un orateur capable de tuer d’ennui un mauvais auditoire, un docker qui se la joue Ulysse, ou encore un musée sous alarme assailli par des hordes de punks et défendu à la mitraillette. Pourtant, ne vous y trompez pas, Julien Campredon est aussi, à sa manière bien particulière, un excellent fabuliste. La réalité entre ses doigts glisse régulièrement vers le conte et le merveilleux. Mais attention, pas de gentilles fées ou d’elfes souriants chez lui. Les sirènes sont séduisantes parce qu’en fin de compte elles sont à demi-nues, les vieux saules à la Tolkien n’aiment pas du tout qu’on leur pisse dessus, et s’il est question de divination, ce n’est pas dans les boules de cristal ou les marcs de café, mais bien dans les lignes moites des culottes des filles.

Mon avis :

Bien. Le temps de lire ces 158 pages, il va falloir mettre de côté votre bon sens et tout ce qu’il pourrait y avoir de rationnel en vous. Si vous êtes prêt à ça, vous n’aurez aucun mal à savourer ce petit recueil de nouvelles.

De la note de l’éditeur qui est déjà une histoire en soi et fait plus de 20 pages, en passant par l’histoire du représentant en ronds-points qui rend chèvre les maires successifs d’un village, au mari qui cherche désespérément un amant à sa femme et qui, faute de le trouver, se déguise lui-même afin de se faire passer pour un inconnu auprès de sa femme et ainsi devenir son amant… Hum, vous me suivez jusque-là ? Parce que ça, ce n’est que le début. Il y a aussi le parcours du combattant d’un jeune demandeur d’emploi face à un agent de l’ANPE incapable. Ou encore, ce drôle de zèbre qui lit dans les culottes des filles et s’est même carrément installé sous la jupe d’une fille. Jusqu’à ce surveillant de musée qui va enfin nous expliquer le rapport entre les elfes et les punks…

Souvent drôles, parfois à la limite du fantastique, avec un humour un peu piquant, ce Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes ne pourra que réjouir les amateurs de Benchley et donc de l’absurde. Une fois le livre fini, deux choix s’offriront alors à vous : gifler votre libraire si vous n’avez pas aimé (comme préconisé dans l’extrait ci-dessous) ou alors, et c’est mon cas, partir à la recherche de L’attaque des dauphins tueurs, autre recueil de nouvelles de l’auteur, afin de prolonger ce moment très plaisant.

Extrait :

Texte figurant sur le rabat :

Chers lecteurs, si vous n’aimez pas mon livre et que vous vous sentez floués par cet achat ou ce cadeau, n’hésitez pas à vous faire connaître. Comment ?

C’est très simple : je vous invite à gifler votre libraire ou la personne qui vous a offert ce livre. Pas besoin de plus d’explications, ces derniers sont au courant et renverront par retour direct vos réclamations au distributeur qui les fera passer au diffuseur. Soyez, dès lors, assurés que ces doléances vont vite remonter jusqu’à mon éditeur qui, forcément froissé par l’affront, viendra me transmettre au plus tôt votre paire de gifles.

Une fois giflé, deux solutions se présenteront à moi, et je n’ai pas encore tranché : soit je m’effondre en pleurant ; soit je vais manger du saucisson de foie avec des amis. Enfin, quoi que je fasse, j’aurais été prévenu.

Quant à votre argent, eh bien à la vérité, il sera trop tard. Mais si pour vous rembourser vous vous décidiez à tomber dans le grand banditisme et que, malheureusement, on vous arrête, des circonstances atténuantes pourraient être retenues en votre faveur sur votre présentation de cet ouvrage.

Détails :

Auteur : Julien Campredon
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture
Date de parution : 10/2011
158 pages

Cette chronique a déjà été lue 3212 fois.

%d blogueurs aiment cette page :