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Catégorie : Allemagne

Femme de chambre – Markus Orths

Femme de chambre – Markus Orths

Petit livre étrange où Lynn nous emmène à la recherche d’un mode d’emploi pour apprendre à vivre. Mais on y va sur la pointe des pieds. Pour ne pas l’effrayer.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Il était depuis très longtemps dans ma liste de livre que je voulais découvrir. Et je l’ai repéré lors de ma dernière visite en librairie, mis en avant. C’est qu’il était temps que je le lise !

La quatrième de couv :

Femme de chambre dans un hôtel, Lynn y satisfait sa manie obsessionnelle du nettoyage. Même les affaires personnelles des clients font l’objet d’une inspection approfondie et indiscrète. Un soir, dans la chambre 303, la jeune fille enfile par-dessus son tablier le pyjama du client, et lorsque ce dernier tourne la clé dans la serrure, il ne lui reste qu’à se glisser sous le lit. La nuit qu’elle y passe constitue un pas de plus dans l’intrusion amorcée. Un pas qui va la mener très loin…

Femme de chambre brosse le portrait d’une femme lentement dévorée par l’obsession des autres, une femme qui cherche à savoir comment ils réussissent là où elle échoue: vivre. Markus Orths entraîne insensiblement son lecteur dans l’univers psychologique de Lynn, l’absurde devient normalité, et la perversité de l’héroïne s’impose à l’esprit du lecteur avec une simplicité enfantine.

Mon avis :

On commence les premières phrases de ce livre et on comprend très vite qu’il ne faut pas faire de bruit, y aller doucement, sur la pointe des pieds. Car Lynn est de ces êtres fragiles. Elle sort d’ailleurs de six mois enfermée à l’hôpital. On ne sait pas vraiment ce qui la conduit là, mais « elle sait comme il est important d’avoir une tâche à effectuer, elle sait qu’elle court le danger de rechuter si elle ne fait rien, si elle se contente de tourner en rond ». Alors très vite elle trouve un emploi de femme de chambre dans un grand hôtel. Là, elle va pouvoir être continuellement occupée à traquer la moindre poussière, à frotter les vitres, refaire les lits, quitte même à faire des heures supplémentaires que personne ne lui demande, mais juste pour être occupé…

Et c’est là qu’elle commence, un peu par hasard, à se coucher sous le lit de la chambre 303. Et qu’elle commence à vivre une vie par procuration, au fur et à mesure des nouveaux clients passant par cette chambre. Jusqu’à ce qu’un jour, un client de l’hôtel fasse monter une prostituée, Chiara. Elle ne connait que sa voix, mais elle sent qu’elle doit la rencontrer. Peut-être est-ce grâce à cette femme qu’elle pourra enfin arrêter de vivre par procuration ? Commencer sa vie à elle ? Même si elle ne sait pas encore trop ce que cela voudrait dire…

Étrange petit roman où tout semble toujours être sur le point de rupture : la santé mentale de Lynn, sa sexualité, sa relation avec les autres et notamment sa mère… Elle ne sait pas appréhender le monde autour d’elle. Elle ne sait pas ce que c’est de vivre tout simplement. Alors en observant la vie des autres, elle tente tant bien que mal de trouver la clé de l’énigme. Sans se rendre compte que cette clé, malheureusement, n’existe pas. Pensez à regarder sous votre lit ce soir, avant de vous coucher. Lynn pourrait bien s’y trouver pour comprendre comment vous vous arrivez à donner le change chaque jour…

Extraits :

Un premier extrait de ce livre a été posté dans l’extrait du mardi 38.

Désormais, chaque mardi, Lynn emporte un chiffon sous le lit et nettoie les lattes de sommier. Jamais les dessous ds lits n’ont été aussi propres. Les premières heures, Lynn y est seule. Alors elle écoute ce qui se passe en elle. D’abord, elle n’entend rien, sauf le battement de son pouls, parfois. Lynn devient toute vide, les yeux fermés, elle tombe dans un état de somnolence. Quand la porte s’ouvre et que quelqu’un entre dans la chambre, elle sursaute, revient à elle, pose les mains sur son ventre. Alors elle est éveillée. Alors elle est là.

Détails :

Auteur : Markus Orths
Traducteur : Nicole Casanova
Editeur : Liana Levi
Date de parution : 02/04/2009
132 pages

La Ferme du crime, Andrea Maria Schenkel

La Ferme du crime, Andrea Maria Schenkel

La quatrième de couv :

Toute une famille fut assassinée en 1920 dans un hameau de Bavière. L’affaire n’a jamais été résolue. Andrea Maria Schenkel, à la manière de Truman Capote dans De sang froid, combinant plusieurs témoignages, reprend cette sinistre histoire pour la placer dans les années 1950.

Vaches qui s’agitent à l’étable, vent qui balaie les flocons, coins sombres derrière les granges, brouillard pesant… Tous les ingrédients de l’inquiétude sont là, dans une région catholique très dévote, sur fond d’Allemagne imprégnée de désastre.
[…]

Hanté par les voix des témoins – instituteur, curé, voisin… – le lecteur referme le livre avec un coupable quasi certain, mais le malaise perdure, parce que là-haut à Tannöd, les rancoeurs sont vives, les relations entre les individus basées sur la haine et le désir.

Mon avis :

Ce livre ayant été classé meilleur roman criminel du printemps 2006 par les libraires allemands, je m’attendais à être vraiment capturée par cette histoire. Malheureusement, ce livre m’a laissé de marbre. Je ne suis pas du tout entrée dans la structure narrative qui mêle le narrateur, les témoignages des habitants et les prières. Le fait que les chapitres soient si courts y est peut-être aussi pour quelque chose ; on a à peine le temps de mettre un pied dans l’histoire qu’on est interrompu par une approche totalement opposée.

Je suis finalement arrivée au bout du livre sans ressentir ce malaise auquel je m’attendais car ce mystérieux coupable est somme toute assez banal.

En bref, une grosse déception.

Détails :

Auteur : Andrea Maria Schenkel
Editeur : Actes Sud
Collection : Babel noir
Date de parution : 30/03/2009
159 pages