Le premier coup de cœur numérique méritait bien de clore cette année 2010. D’ailleurs, il paraîtrait même que la crise serait responsable de la fin de l’année…

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Après avoir découvert Sans, du même auteur, j’ai profité d’une nouvelle commande de livres numériques (quand j’avais encore une liseuse en prêt) pour commander celui-ci.

La quatrième de couv :

Sur la photo, « La crise c’est chaque fin de mois », le S de « mois » est effacé, ou écrit plus vite, moins fort.
La crise c’est chaque fin de moi. Le S écrit en dernier, et soudain il n’y a plus de temps, le mur orangé par les lampadaires s’éclaire un peu plus : c’est une voiture qui approche, peut-être la police. Pas le temps de repasser plusieurs fois sur la lettre. À peine celui de vite la tracer. Écrire dans l’urgence.
Fin de moi.
Chaque fin de mois je meurs un peu. « La crise » tue à petit feu. « La crise » m’efface lettre à lettre. « La crise » vide les markers, nettoie les murs, efface les mémoires, tarit les imaginations, essore les moi.

Mon avis :

Automne 2008, la crise financière commence à toucher plus durement le monde. Lehman Brothers est mis en liquidation, General Motors et Chrysler, entre autres, sont sauvés in extremis par l’État américain. En Europe, de nombreuses banques sont soutenues par l’État français, des sociétés commencent à licencier en masse, certains états même feront faillite… La Crise était là parmi nous. Au réveil, en écoutant les informations à la radio. Au travail, où tout devient du jour au lendemain incertain. Dans les dîners, au coucher, dans les rêves…

D’un coup, la Crise avait été personnifiée. Elle était devenue cette chose responsable de tous les problèmes. Au chômage ? La faute à la Crise. Des impôts qui augmentent ? La faute à la Crise. Des aides étatiques supprimées ou fortement diminuées ? La faute à la Crise. L’année 2010 se termine ? La faute à la Cr… ah non, peut-être pas sur ce coup-là ! Quoi que…

Avec une suite d’aphorismes ou de petits textes, Joachim Séné nous dresse la réalité de cette crise qui a frappé et frappe encore le monde. Toutes les représentations que l’on nous a données de la crise, celles que l’on a vécu ou celles que l’on imagine sont reprises sur un ton doux-amer qui m’a fait rire (jaune) plusieurs fois. Ça frappe juste du début à la fin. On termine la lecture et on a envie de dire merci. Merci à l’auteur de mettre des mots sur ce monstre qu’est la crise. Merci à l’éditeur de nous proposer ces textes.

Extraits :

Un premier extrait de ce livre a été posté dans l’extrait du mardi. Vous pouvez aussi lire le début de ce livre sur le site de l’éditeur.

« La crise », de ses millions de bras musclés sait manier la grue, poser des cloisons de béton armé au trente-septième étage, creuser des tunnels, extraire le pétrole et le diamant tout ça pour un salaire d’une remarquable humilité.

« La crise », de ses doigts fins, sait coller les semelles sous les baskets neuves, les processeurs dans les cartes mères, les fils de cuivres dans les câbles plastiques.

« La crise » a des journées d’amplitude 15 heures.

« La crise » n’a pas le temps pour les pauses pipi.

Détails :

Auteur : Joachim Séné
Editeur : Publie.net
Date de parution : 05/02/10
30 pages

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