Une petite farce seulement pour le dernier livre de Tom Sharpe. Sans avoir la force de ses précédents romans, ça reste quand même agréable à lire.

La quatrième de couv :

Par l’un des maîtres de l’humour british, une nouvelle farce échevelée, explosive et hilarante. Les aventures rocambolesques d’une lignée d’Amazones infréquentables, kidnappeuses hors pair, prêtes à tout pour se perpétuer…

Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur autour d’elles. Signes distinctifs : un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu’à cela ne tienne ! Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais…

Fils unique d’une toquée de romans à l’eau de rose et d’un petit banquier terne et disgracieux, Esmond est forcé de se réfugier chez son oncle suite à une agression alcoolisée de son père. C’est là que l’innocent garçon va tomber entre les griffes de sa tante Belinda, née Grope, épouse frustrée et ménagère forcenée…

Disparitions suspectes, soûleries aggravées, accès de folie, torrides parties de jambes en l’air… Même la police va perdre le fil. Mais y aura-t-il quelqu’un pour sauver Esmond Burnes ?

Mon avis :

Avant toute chose il faut que je commence par vous donner le titre complet de ce livre, car avec Tom Sharpe, le titre est une histoire à lui tout seul (en tout cas, dans les versions françaises). Prêt ? Le Gang des mégères inapprivoisées ou comment kidnapper un mari quand on n’a rien pour plaire. Maintenant on peut commencer à parler du livre.

Tom Sharpe, c’est des farces, des dialogues de sourd, des personnages hauts en couleur, des péripéties abracadabrantes, des dénouements ubuesques. Sous couvert d’une bonne histoire à raconter, c’est surtout une critique sociale du monde qui l’entoure : critique de l’apartheid par exemple dans Mêlée ouverte au Zoulouland, critique du monde de la finance de la City londonienne dans Fumiers et Cie ou encore critique du corps enseignant, de la guerre en Irak ou de la pornographie dans la série des Wilt (Wilt 1 ou Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore, Wilt 2 ou Comment se débarrasser d’un crocodile, de terroristes et d’une jeune fille au pair, Wilt prend son pied, Comment échapper à sa femme et ses quadruplées en épousant une théorie marxiste).

Bref Tom Sharpe, ça faisait déjà quatre ans qu’il n’avait plus publié de romans. Donc quand celui-ci est sorti, je n’ai pas pu résister et attendre un an la sortie en poche. J’étais sûre et certaine de passer encore une fois un (très) bon moment.

Ça n’a pas été tout à fait le cas. Il lui manque un petit quelque chose à ce dernier roman. Un peu de mordant, d’originalité, de peps ! La recette est restée la même que pour les autres romans de Sharpe, mais sans innovation. C’est agréable à lire, mais on n’en ressort pas avec la même impression d’avoir participé à une bonne blague comme dans ses autres romans.

Un conseil donc : précipitez-vous sur les autres romans de Tom Sharpe (qui sont déjà tous sorties en format poche) et si ça vous a plu, attendez la sortie en poche pour lire celui-ci !

Extraits

Un premier extrait de ce livre a été posté dans l’extrait du mardi.

« Aussi, quand le psychiatre lui demanda si son mariage était une réussite, elle répondit que son époux chéri était l’homme le plus doux de la Terre. Le psy consulta les notes des précédents interrogatoires de Vera et vit qu’elle avait accusé Horace de tentative de meurtre sur la personne d’Esmond, son fils chéri, avec un couteau à découper (« chéri » était un mot qu’il se mit à haïr). Il ne sut comment interpréter ce changement d’attitude. Pour faire bonne mesure, Vera ajouta qu’avant leur mariage, elle et son fiancé dansaient jusqu’à l’aube avant de faire l’amour sur les rochers battus par les vagues et illuminés par les rayons de la lune. » p.195

Détails :

Auteur : Tom Sharpe
Editeur : Belfond
Date de parution : 18/02/2010
232 pages

Cette chronique a déjà été lue 4451 fois.

%d blogueurs aiment cette page :