Petit dictionnaire médical ironique, ou comment bien terminer une semaine difficile.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Je me baladais sur twitter un soir, juste au moment ou @fbon propose le lien pour le téléchargement gratuit de ce livre. Comme j’avais commencé, il y a très longtemps, la Maladie de Sachs, mais que je ne l’ai jamais terminé, je me suis dit que c’était une bonne idée de (re)découvrir cet auteur.

La quatrième de couv :

La médecine est le grand miroir de notre société, le miroir par excellence, celui qui passe par le corps, et l’image du corps, pour figurer toutes les angoisses, et une question sur soi-même qui dépasse de loin celles posées au praticien.

Est-ce pour cela que, de Rabelais à Louis-Ferdinand Destouches, la littérature française compte autant de médecins parmi ses écrivains ?

Presque pas besoin, de ce point de vue, de présenter Marc Zaffran, en littérature Martin Winckler : de la Vacation à la Maladie de Sachs, jusqu’au récent Choeur des femmes, la réflexion sur sa propre pratique a nourri le saut fictionnel, établissant ses livres comme pierres angulaires pour déchiffrer cet imaginaire de la société.

Martin Winckler est un écrivain, j’allais dire « à l’ancienne manière », ce qui ne lui plairait pas. Il se revendique de l’art de raconter des histoires, cet art qui fait tourner les pages. Mais il ferraille avec ses phrases dans le cœur même de la société, on l’a mesuré avec ses chroniques radio, que les compagnies pharmaceutiques ont fini par faire taire. Mais il ne craint pas de s’engager dans le polar, ni d’aller scruter de près l’univers des séries télévisées.

Et c’est tout cela qui résonne à l’arrière-fond de ce Petit afflictionnaire médical.

Mon avis :

Un vendredi soir dans le train pour retour à la maison. Semaine harassante, un peu déprimante aussi. Mais l’envie de lire était là. Alors j’ai passé en revue mes derniers achats de lecture numérique et je me suis laissée tenter par le format de ce petit livre de 51 pages.

Du A comme « acte médical », en passant par les fameuses blouses blanches ou aussi la fièvre, le malade, le « mouton à cinq pattes », la sexualité, les symptômes, jusqu’au V, comme visiteur médical, Martin Winckler nous donne un aperçu de l’univers médical. Mais un univers médical traité avec beaucoup d’ironie. On sourit, les pages défilent très vite, tant on a envie de continuer à rire sur les petits travers des patients et des médecins. Même si on rit jaune, vu que ça tape toujours dans le mille.

Au final, un trajet en train éclair, avec, à l’arrivée, un sourire sur les lèvres et un bon week-end qui s’annonçait !

Extraits :

Un premier extrait de ce livre a été posté dans l’extrait du mardi.

Remboursement

Système complexe de racket, de blanchiment et de recyclage de devises entre un producteur (le laboratoire pharmaceutique), un grossiste (le pharmacien), un dealer (le médecin) et un consommateur de drogues (l’assuré), sous la surveillance de deux organisations criminelles nationales (l’État et l’Industrie du médicament).

Consultation

Visite amicale que le patient rend à son médecin. Par etension : moment de la journée au cours duquel le médecin voit des gens qu’il ne connaît pas, débarquer sans prévenir entre deux rendez-vous.

Cholestérol

Équivalent moderne des divinités antiques. Lorsqu’il monte, on fait des sacrifices (plus de beurre, plus de viande, plus de sucre) ; lorsqu’il diminue, on se fait plaisir (plus de médicament).

Détails :

Auteur : Martin Winckler
Editeur : Publie.net
Date de parution : 27/12/10
56 pages

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