Dans un temps lointain, la mer est arrivée à Clichy. L’auteur en profite pour se souvenir du Clichy d’avant. Avec beaucoup d’ironie !

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Après avoir lu Promenade, j’ai profité d’un ebookfriday pour retenter l’aventure Régis Jauffret.

La quatrième de couv :

Un petit zeste de réchauffement climatique, et voilà la banlieue à Trouville, ou le contraire. Le temps est vague : l’écrivain qui raconte, ou ce qu’il en reste, vissé sur chaise roulante et confondant Gomina avec Femina (prix qu’a eu Jauffret) ou Branlade avec Pléiade (c’est chez Gallimard qu’il publie) est lui-même une sorte de résidu d’un système condamné à mourir, aussi bien que l’académie française devenue boutique à fringue.

Mais si, sous tout cela, anticipation, déformation, jeu dialogique distordu jusqu’à l’anamorphose, c’est les plus lourdes pulsions sous-jacentes du présent qu’on laissait émerger ?

Un rire jaune, qu’on entend depuis longtemps dans la littérature, qu’on n’entend pas forcément assez souvent au présent.

Mon avis :

Ailleurs, dans longtemps, le narrateur a une fille de 77 ans, pléthore de petits, arrières-petits, et arrières-arrières-petits-enfants. Dans ce futur lointain, Clichy est devenu Clichy-sur-Mer car « depuis que le réchauffement climatique nous a apporté la mer, il suffit de se jeter par la fenêtre pour faire quelques brasses dans l’Atlantique ». Les restaurants maintenant s’avancent loin dans la mer, mais lui se souvient du Clichy d’avant, de quand il était encore jeune : « l’ordre régnait ici comme dans un bordel tenu par une pointilleuse maquerelle et ses dévouées sous-maîtresses », « on dormait à vingt-cinq dans une poignée de mètres carrés si chiches qu’on aurait pu les confondre avec des carrés de chocolat », « les supermarchés vendaient à crédit des téléviseurs et des antennes paraboliques qui aidaient les habitants à rêver de leur pays d’origine où la plupart n’avait encore jamais mis les pieds » ou aussi « les autorités donnaient aux journalistes des autorisations à tour de bras pour qu’ils puissent voir de près l’action des forces publiques et constater qu’elles étaient respectueuses avec les tête-en-l’air qui avaient oublié leurs papiers au Maghreb, mais qu’elle faisait preuve d’une grande fermeté envers les trafiquants d’armes et les dealers, afin que la banlieue bénéficie de la même tranquillité que Neuilly, Versailles, ou Saint-Germain-en-Laye ».

Sous couvert de nous présenter ce lieu paradisiaque qu’est cette station balnéaire de Clichy-sur-Mer, Régis Jauffret revient sur ce qu’a été ce Clichy d’avant, du temps de la jeunesse et il égratigne la société actuelle, l’intégration, la politique du logement, les milieux culturels, les milieux littéraires aussi ou même le corps médical. C’est grinçant, sans concession… mais je n’arrive toujours pas à accrocher avec l’écriture de cet auteur.

Extraits :

Lire les premières pages sur le site de publie.net.

Cette ville sans ville, cette architecture méprisante, cette architecture comme une insulte. Clichy, bâtie au fond d’une impasse, au fond d’un couloir, oubliée des transports publics. Immeubles mal alignés, mal venus, mal nés, où personne n’aurait accepté de loger ses labradors. Clichy, donnée en pâture, qui servait à faire élire les Présidents, à faire tourner la boutique des médias, des auteurs, des photographes, et des cinéastes de temps-là.

Détails :

Auteur : Régis Jauffret
Éditeur : Publie.net
Date de parution : 29/10/2010
28 pages

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