Si vous me suivez aussi sur Twitter, vous savez qu’en plus d’aimer la lecture, je suis une grande gourmande. Alors aujourd’hui, on va faire un Livres lus et non chroniqués autour de la thématique de la nourriture !

Bifteck – Martin Provost

Bifteck - Martin ProvostEn pleine Première Guerre mondiale, il ne reste plus guère d’hommes pour satisfaire les femmes de Quimper. Alors lorsque le fils du boucher, André, se découvre des talents pour faire « chanter la chair », c’est toutes les dames des environs qui se précipitent à la boucherie pour espérer avoir ses faveurs. Mais André est jeune encore et il pense pas aux éventuelles conséquences de ses actes.

Ces conséquences vont très vite se matérialiser devant sa porte lorsque, la guerre prenant fin, les maris reviennent du front. Un couffin, suivi d’un deuxième, suivi d’un troisième, suivi… de sept bébés en tout. Loin de prendre peur, André va accepter son rôle de père et prendre en charge l’éducation de ses sept enfants. Afin de les protéger de la colère possible des maris trompés, il va même les embarquer pour un voyage en bateau, destination l’Amérique.

Et c’est là que tout se complique. Ce roman sympathique jusque là va tout doucement se transformer en une sorte de conte surnaturel, avec un épilogue sans queue ni tête. En tout cas, bien loin du ton et de la narration du début. On referme en restant sur sa faim, ce qui est un comble pour une histoire de boucher (facile celle-là, non ?) !

Le dîner – Herman Koch

Le dîner - Herman Koch

Je venais de finir Tous les hommes de ce village sont des menteurs et L’employé. Deux livres assez plombant au niveau de l’ambiance. Ma libraire m’a donc conseillé Le dîner lorsque je lui ai demandé un livre plus rafraîchissant.

Ici, tout (ou presque) se passe autour d’une table. Et pour une gourmande, c’est déjà un bon point ! Organisant son récit autour de l’apéritif, l’entrée, le plat, le dessert, le digestif et le pourboire, l’auteur va nous présenter l’histoire de ces deux familles, liées par un événement horrible. Paul (le narrateur) et Claire, son épouse, retrouvent ce soir-là Serge, le frère de Paul et futur Premier ministre des Pays-Bas, et sa femme, dans un restaurant huppé. De ceux où il faut réserver au moins six mois à l’avance et où les prix sont inversement proportionnels à la quantité de nourriture présente dans l’assiette. Un détail ce restaurant ? Non, car il va permettre de pointer le besoin de reconnaissance social de Serge. Ce qui va s’avérer être très important pour l’affaire qui les occupe…

Car leurs enfants, ces enfants en apparence tranquilles et polis, se sont livrés à des faits d’une violence incroyable à l’encontre d’une SDF. Et ce soir-là, ils sont tous réunis pour aborder ce problème. Même si les images de l’agression ont fait le tour des journaux télévisés, le grand public n’est pas au courant de l’identité des tortionnaires. Seuls les parents savent. Et dans un récit qui va crescendo, l’auteur décortique les réactions, censées ou non, de ces parents prêts à tout pour sauver les apparences. Pour sauver leurs enfants.

Le début de cette histoire semblait léger et était narré sur un ton presque badin. Mais au fur et à mesure, l’humour sera de plus en plus caustique, la critique de plus en plus virulente, jusqu’à ce dénouement, presque logique au regard des caractères des personnages. Mais vis-à-vis de la société ? La question restera ouverte…

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