Pour une fois, je ne vous présente pas un roman, mais un essai. Un essai sur comment sortir du consumérisme avec joie. Beau programme avec des pistes intéressantes pour qui veut sortir de la surenchère matérialiste.

Mais d’où t’es venue l’idée de lire ce livre ?

Mes lectures numériques ont commencé grâce au concours lancé par Thierry Crouzet. Pour cela, il proposait de lire gratuitement La tune dans le caniveau et, si le livre nous avait plu, de l’acheter, mais sans aucune obligation. Ce livre ne m’avait pas réellement plu, mais comme j’appréciais la démarche du concours, j’ai opté pour L’alternative nomade en achat.

La quatrième de couv :

Dans les temps difficiles, beaucoup de gens critiquent et ne proposent rien. Et ceux qui proposent regardent souvent en arrière. Ils parlent de décroissance, d’autarcie, de simplicité. Est-ce réaliste ? Nous ne sommes pas masochistes ! Le plus souvent nous n’avons pas envie de sacrifier notre mode de vie. Nous sommes capables de changer pour aller vers le mieux, mais pas pour aller vers le pire.

Il s’agit de prendre en compte cette caractéristique psychologique. Plutôt que d’appliquer la simplicité volontaire, engageons-nous dans la complexité volontaire. Comment ? En créant sans cesse plus de liens avec les gens qui nous entourent, notamment à l’aide des réseaux sociaux, en devenant des nomades dans le graphe social. Ce simple geste peut changer nos vies, et éventuellement changer le monde.

Nous pouvons devenir les héros de nos propres vies.

Mon avis :

Thierry Crouzet n’a pas pour habitude de se fondre dans la masse et de servir les mêmes idées qu’on peut voir fleurir partout. L’alternative nomade en est la preuve. Mélange d’idées personnelles et philosophiques, de faits historiques, de propositions d’alternatives à nos manières de vivre et de consommer, « ce livre n’est ni un essai, ni un traité d’expert, ni un document, ni un récit initiatique, ni un travail scientifique ou philosophique, ni une œuvre littéraire. Il se situe quelque part dans le flux mouvant qui interconnecte ces domaines, floutant les frontières qui jadis les séparaient. Vous ne le trouverez ni au rayon psychologie, ni au rayon sociologie, ni au rayon politique, encore moins au rayon technologie, mais pourtant il parle de tout cela. » Alors, avec tous ces « ni », que peut-on trouver dans ce livre ?

Des pistes, des propositions, des constatations. Thierry Crouzet nous offre une autre approche du nomadisme, par exemple. Afin de se libérer un peu d’un monde matérialiste et de plus en plus tourné vers le consumérisme, il propose, en thèse, une nouvelle approche de cette manière de vivre pourtant très ancienne : « Le nomade ne possède que ce qu’il peut transporter. Si nous devenons nomades, nous nous arrachons au consumérisme qui mène l’humanité à sa perte. Il ne s’agit pas de prendre la route, de sauter de jet en jet et de polluer le monde, mais d’inventer un nouveau nomadisme, un nomadisme dans le Flux. » Le Flux. Notion importante dans cet essai. Le Flux en tant qu’«espace des liens sociaux et culturels», cet endroit dématérialisé où s’échangent informations, musiques, liens, vidéos. Cela passe par les blogs, les sites, les réseaux sociaux types twitter, facebook ou autres. L’avantage aujourd’hui, comme le met en avant Thierry Crouzet, c’est que le Flux, tel qu’il existe aujourd’hui, permet de s’affranchir des canaux officiels, de se créer ses propres flux d’information, de les mélanger, de les digérer et de les propulser, à notre tour, pour les compléter, les remettre en question, les partager…

Il y a de tout cela dans cet essai, mais bien plus encore. A tel point même qu’il y a presque trop d’information dans ces pages. Et certains aspects semblent du coup noyés dans l’ensemble. Une nouvelle version a donc été publiée au 31 janvier 2011, dans laquelle il a décidé de ne conserver « dans ce texte que la réflexion sur la puissance du lien, c’est-à-dire la complexité volontaire». De mon côté, je pense me replonger à nouveau dans ce texte. Puis dans d’autres comme L’édition interdite. Parce qu’après avoir testé le Flux et le nomadisme, Thierry Crouzet a décidé de se couper de ce même Flux « pour mieux comprendre ce qu’être connecté signifie, j’ai ressenti le besoin de me déconnecter et de m’arracher au stress des timelines. Je me suis dit que je devrais imiter les sages qui s’isolent quelque temps dans le désert. Il me fallait me couper du flux, de mon réseau social, de ma mémoire… d’une part peut-être essentielle de mon intelligence… pour retrouver un temps long dont j’ai perdu l’usage».

Interruption des programmes donc à partir du 1er avril pour Thierry Crouzet. Quelles leçons va-t-il cette fois tirer de cette expérience ? Rendez-vous dans neuf mois pour son prochain livre. Il sera alors temps de comparer les expériences dans et hors du Flux…

Extrait :

Un extrait de ce livre a été posté dans l’extrait du mardi.

Feuilleter le début du livre sur le site de Thierry Crouzet.

Détails :

Auteur : Thierry Crouzet
Editeur : Publie.net
Date de parution : 09/03/2010
410 pages

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